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Part du PIB non pétrolier: 55 % PIB réel 2025 |Chômage saoudien: 7,2 % T4 2025 |Actifs du PIF: 925 Md$ est. 2025 |IDE / PIB: 2,8 % dernière donnée 2025 |Participation féminine: 35,0 % dernière donnée 2025 |Note souveraine: Aa3 / A+ / A+ Moody's / Fitch / S&P |Croissance du PIB: 4,5 % réel 2025 |Pèlerins Omra: 18 M+ étrangers 2025 |Part du PIB non pétrolier: 55 % PIB réel 2025 |Chômage saoudien: 7,2 % T4 2025 |Actifs du PIF: 925 Md$ est. 2025 |IDE / PIB: 2,8 % dernière donnée 2025 |Participation féminine: 35,0 % dernière donnée 2025 |Note souveraine: Aa3 / A+ / A+ Moody's / Fitch / S&P |Croissance du PIB: 4,5 % réel 2025 |Pèlerins Omra: 18 M+ étrangers 2025 |

Programme Shareek : mobiliser 5 000 milliards de SAR de capital privé

Évaluation institutionnelle du Programme Shareek, partenariat emblématique entre l'État saoudien et le secteur privé visant 5 000 milliards de SAR d'investissement privé domestique grâce aux engagements d'Aramco, SABIC, STC et d'autres grandes entreprises saoudiennes alignées sur la Vision 2030.

Programme Shareek en Arabie saoudite

Le Programme Shareek est le pacte phare du Royaume pour mobiliser le capital privé domestique derrière la Vision 2030. Lancé en mars 2021 entre le gouvernement saoudien et les plus grandes entreprises privées et semi-privées du pays, il vise à catalyser 5 000 milliards de SAR, soit environ 1 330 milliards de dollars, d’investissement privé cumulé d’ici 2030, ce qui en fait l’une des plus grandes initiatives coordonnées de mobilisation du capital domestique jamais entreprises par une économie émergente.

Shareek est né d’un constat : les objectifs de diversification économique de la Vision 2030 ne peuvent pas être atteints par l’investissement public seul. Le Public Investment Fund (PIF), malgré une base d’actifs substantielle et en forte croissance, opère dans des contraintes budgétaires. Le programme de dépenses d’investissement de l’État, bien qu’ample, reste en concurrence avec les obligations de dépenses courantes. Shareek a été conçu pour combler cet écart d’investissement en obtenant des engagements contraignants des poids lourds corporates saoudiens : réorienter une part plus élevée de leurs dépenses d’investissement, de recherche-développement et d’achats vers l’économie domestique.

Le programme a été annoncé par le prince héritier Mohammed ben Salmane et bénéficie du plus haut niveau de parrainage politique, signalant au secteur privé que la participation n’est pas seulement encouragée, mais attendue.

Mécanique du programme

Shareek fonctionne par un cadre de partenariat structuré dans lequel les entreprises participantes s’engagent sur des objectifs d’investissement, des références de localisation et des cibles d’emploi. Le gouvernement fournit en retour des conditions habilitantes : simplification réglementaire, investissement dans les infrastructures, programmes d’incitation et orientation stratégique via le Council of Economic and Development Affairs (CEDA).

Le programme n’est pas un mécanisme de subvention. Il agit plutôt comme dispositif de coordination alignant les décisions d’allocation de capital des entreprises sur les priorités nationales. Les entreprises conservent leur autonomie commerciale mais opèrent dans un cadre de redevabilité mutuelle.

Participants d’ancrage

La cohorte initiale de Shareek inclut les entreprises les plus importantes du Royaume :

EntrepriseSecteurEngagement Shareek approximatif
Saudi AramcoÉnergie, chimieSAR 2+ trillion
SABICPétrochimie, matériauxSAR 300+ billion
Saudi Telecom Company (STC)Télécommunications, numériqueSAR 100+ billion
ACWA PowerUtilities, renouvelablesSAR 80+ billion
Ma’adenMines, minérauxSAR 80+ billion
Participants additionnelsDiversSAR 500+ billion

Le programme s’est depuis élargi à d’autres entreprises dans la banque, l’immobilier, la logistique et la manufacture, diversifiant la base d’investissement et la couverture sectorielle.

Dimensions stratégiques

Approfondissement du capital domestique

La contribution la plus significative de Shareek est son potentiel d’approfondissement de la formation de capital domestique. Historiquement, les plus grandes entreprises saoudiennes, notamment dans l’énergie et la pétrochimie, ont orienté une part importante de leurs dépenses d’investissement vers des opérations internationales et des chaînes d’approvisionnement offshore. Shareek redirige ce capital vers l’intérieur, créant des effets multiplicateurs dans l’économie nationale.

Chaque riyal de dépense d’investissement domestique génère de l’activité en aval : construction, achats, emploi et consommation. Si l’objectif de 5 000 milliards de SAR est atteint, il modifiera profondément la structure de l’économie saoudienne en réduisant la dépendance à la dépense publique comme moteur principal de croissance.

Localisation des chaînes d’approvisionnement

Un élément central de Shareek est l’engagement des entreprises participantes à augmenter le contenu local dans leurs chaînes d’approvisionnement. Cette logique s’aligne avec le National Industrial Development and Logistics Program (NIDLP) et le mandat de la Local Content and Government Procurement Authority (LCGPA), qui vise à accroître la part des biens et services sourcés localement.

Pour une entreprise comme Aramco, qui opère l’une des chaînes d’approvisionnement industrielles les plus complexes au monde, les engagements de localisation sous Shareek se traduisent par des milliards de riyals d’opportunités d’achat pour les manufacturiers, prestataires de services et entreprises technologiques saoudiens. Le programme iktva, antérieur à Shareek, a déjà démontré la viabilité de la localisation des chaînes d’approvisionnement dans l’énergie.

Emploi et capital humain

Les participants à Shareek se sont engagés sur des objectifs substantiels de création d’emplois, avec un accent particulier sur les nationaux saoudiens dans des postes qualifiés et mieux rémunérés. Cela s’aligne avec l’agenda de saoudisation et les objectifs du Ministry of Human Resources and Social Development (MHRSD) pour l’emploi privé.

Le programme reconnaît que la création d’emplois ne dépend pas seulement du volume d’investissement mais aussi de sa composition. Les projets intensifs en capital dans le raffinage ou les mines peuvent générer moins d’emplois directs par riyal investi que les activités plus intensives en main-d’oeuvre dans la technologie, les services ou le tourisme. La diversité sectorielle de Shareek vise à garantir que le mix d’investissement crée de l’emploi à travers tout le spectre des compétences.

Le facteur Aramco

La participation de Saudi Aramco mérite une attention particulière compte tenu du poids de l’entreprise dans l’économie saoudienne. Son engagement de plus de 2 000 milliards de SAR représente la plus grande promesse d’investissement corporate du programme. Ce capital est dirigé vers l’expansion aval, notamment le complexe intégré de raffinage et pétrochimie de Ras Al-Khair, les énergies renouvelables, les technologies numériques, les matériaux non métalliques et la manufacture avancée.

Les engagements de localisation d’Aramco, via Shareek et iktva, ont créé un écosystème substantiel de fournisseurs, entrepreneurs et partenaires technologiques basés dans le Royaume. Sa branche de capital-risque, Aramco Ventures (Wa’ed), finance des startups saoudiennes alignées sur la feuille de route technologique de l’entreprise, prolongeant encore le multiplicateur d’investissement.

Suivi et redevabilité

Shareek fonctionne dans un cadre de gouvernance comprenant revues régulières, suivi de l’investissement et comparaison des performances. Le programme rend compte au CEDA, assurant une visibilité au plus haut niveau de décision publique.

Les entreprises participantes doivent déclarer l’exécution de leurs dépenses d’investissement, les réalisations de contenu local, la création d’emplois et le transfert technologique. Si les mécanismes d’application précis ne sont pas détaillés publiquement, le parrainage politique du programme et les leviers réglementaires disponibles donnent une redevabilité implicite.

KPIRéférence (2021)Progrès (2025)Objectif 2030
Investissement privé cumuléSAR 2.5T+ (est.)SAR 5T
Contribution du secteur privé au PIB40%45%+65%
Nationaux saoudiens employés par les participants200,000+400,000+
Pourcentage de contenu local (moyenne pondérée)~35%~48%60%+

Intersection avec les autres programmes Vision 2030

Shareek ne fonctionne pas isolément. Il agit comme une couche de mobilisation du capital soutenant plusieurs programmes de la Vision 2030 :

  • Stratégie nationale d’investissement : l’investissement généré par Shareek contribue directement à l’objectif NIS de hausse de l’investissement en pourcentage du PIB.
  • Programme de privatisation : les participants Shareek sont des candidats naturels pour les actifs privatisés et les concessions PPP.
  • Stratégie nationale de l’industrie : les investissements manufacturiers soutiennent les objectifs d’industrialisation.
  • Giga-projets : les participants fournissent matériaux, technologies et services à NEOM, The Red Sea et d’autres giga-projets.
  • Développement du capital humain : les engagements d’emploi soutiennent les indicateurs de développement de la main-d’oeuvre et de saoudisation.

Cette interconnexion est intentionnelle. Shareek a été conçu comme un multiplicateur amplifiant l’impact d’autres programmes plutôt que comme une initiative autonome.

Risques et contraintes

Le principal risque du programme est l’exécution. Une cible de 5 000 milliards de SAR sur une décennie implique des rythmes annuels d’investissement durablement supérieurs aux normes historiques. Les conditions économiques mondiales, la volatilité des matières premières et les cycles de rentabilité des entreprises peuvent affecter leur capacité ou leur volonté de tenir les engagements.

Il existe aussi une tension structurelle entre optimisation commerciale et objectifs stratégiques nationaux. Les entreprises peuvent constater que les engagements de localisation augmentent les coûts par rapport à des alternatives internationales, en particulier dans les secteurs où la base de fournisseurs domestiques reste naissante. Gérer cette tension, pour que la localisation crée une compétitivité réelle plutôt qu’une inefficience protégée, sera l’un des tests décisifs du programme.

Enfin, la concentration des engagements dans un petit nombre de très grandes entreprises crée un risque de portefeuille. Si le programme d’investissement d’Aramco ralentissait, par exemple en raison d’une faiblesse des prix du pétrole, l’impact sur les cibles agrégées de Shareek serait disproportionné.

Perspectives

Le Programme Shareek est un pari structurel sur la capacité du secteur corporate saoudien à devenir partenaire à part entière de la transformation économique nationale. Son échelle est sans précédent parmi les initiatives Vision 2030, et son succès ou son échec influencera matériellement l’atteinte des objectifs de diversification du Royaume.

La trajectoire de mi-parcours est encourageante : les entreprises participantes ont augmenté leurs dépenses d’investissement domestiques, les ratios de contenu local progressent et le pipeline de projets s’élargit. Mais la phase la plus difficile reste à venir. Maintenir l’élan d’investissement dans la seconde moitié de la décennie, alors que les effets de base rendront les progrès incrémentaux plus exigeants, nécessitera un soutien politique continu, de la flexibilité réglementaire et une volonté d’adapter les paramètres du programme aux conditions nouvelles.

La portée ultime de Shareek pourrait dépasser ses cibles quantitatives. En établissant un cadre structuré de collaboration entre État et secteur privé à grande échelle, il crée des précédents institutionnels susceptibles de façonner la gouvernance économique saoudienne pendant des décennies.