Programme Saudisation/Nitaqat — Tracker des progrès
Suivi des programmes saoudiens Saudisation et Nitaqat sous Vision 2030, avec le chômage atteignant l’objectif de 7 %.
Statut du programme Saudisation et Nitaqat : actif (objectif atteint)
Le tracker Saudisation et Nitaqat de l’Arabie saoudite est en mode de consolidation : le chômage a atteint l’objectif Vision 2030 de 7 % en 2024, la participation féminine au marché du travail a dépassé 30 %, et l’emploi saoudien dans le secteur privé est supérieur à 2 millions. Pour l’analyse complète du programme, voir le deep-dive Saudisation. Couverture liée : priorité emploi, secteur privé, institutions.
Indicateurs clés
| Indicateur | Objectif | Situation actuelle | Statut |
|---|---|---|---|
| Taux de chômage saoudien | 7 % | 7,0 % (2024) | Atteint |
| Participation féminine au marché du travail | 30 % | 36 % | Dépassé |
| Emploi saoudien dans le secteur privé | 2 millions+ | ~2,1 millions | Atteint |
| Secteurs couverts par Nitaqat | Tous les secteurs privés | Pleinement mis en œuvre | Atteint |
| Chômage des jeunes (15-24 ans) | Sous 20 % | ~22 % | En approche |
Jalons récents
- Le chômage saoudien a atteint 7,0 % en 2024, atteignant l’objectif phare de Vision 2030 six ans avant l’échéance finale, contre 12,3 % en 2016.
- La participation des femmes au marché du travail a atteint 36 %, dépassant l’objectif Vision 2030 de 30 % de 6 points de pourcentage, portée par les réformes sociales, l’expansion de la garde d’enfants et l’ouverture sectorielle.
- L’emploi saoudien dans le secteur privé a dépassé 2 millions de travailleurs, hausse transformationnelle par rapport à environ 1,7 million au lancement du programme.
- Les catégories Nitaqat ont été élargies à des secteurs auparavant exemptés, dont microentreprises et industries émergentes, élargissant les exigences de saoudisation.
- Le programme de formation en poste Tamheer a placé plus de 200 000 diplômés saoudiens dans des rôles du secteur privé, avec une conversion significative vers l’emploi permanent.
- Les programmes Hadaf de subventions salariales et de soutien à l’emploi ont aidé les PME à respecter les exigences de saoudisation tout en gérant l’impact sur les coûts de paie.
- Des mandats sectoriels de saoudisation ont été mis en œuvre dans le retail, l’hôtellerie, la technologie et les services professionnels, augmentant progressivement les exigences de main-d’œuvre saoudienne.
Évaluation de la livraison
Le programme de saoudisation est l’un des succès les plus nets de Vision 2030. Réduire le chômage saoudien de 12,3 % à 7,0 % en huit ans a exigé l’exécution simultanée de plusieurs flux de politique publique : application des quotas Nitaqat aux employeurs privés, programmes de formation et de placement pour les demandeurs d’emploi saoudiens, contraintes sur l’embauche publique redirigeant les talents saoudiens vers le secteur privé, et réformes sociales permettant la participation féminine à l’emploi.
Le système Nitaqat, qui classe les entreprises privées selon leur conformité à la saoudisation, Platinum, Green, Yellow ou Red, et lie licences commerciales et approbations de visas au statut de conformité, a été l’ossature d’application. En rendant la survie commerciale dépendante de l’emploi de nationaux saoudiens, Nitaqat a créé de puissantes incitations de marché à l’embauche de Saoudiens. Le système a évolué par plusieurs affinages, avec des seuils sectoriels calibrés selon la disponibilité de la main-d’œuvre, les exigences de compétences et les caractéristiques de chaque industrie.
La participation féminine au marché du travail, à 36 %, est peut-être la dimension la plus transformative du programme. La levée d’obstacles, dont la conduite, les restrictions de tutelle et les exigences de ségrégation au travail, combinée au soutien à la garde d’enfants et aux arrangements flexibles, a permis un quasi-doublement de la participation féminine depuis environ 18 % en 2017. Il s’agit à la fois d’un résultat économique, par l’élargissement de la main-d’œuvre productive, et d’une transformation sociale dépassant largement les statistiques d’emploi.
La qualité de l’emploi reste toutefois un axe de développement. De nombreux travailleurs saoudiens dans le secteur privé occupent des postes moins rémunérés dans le retail, l’hôtellerie et les fonctions administratives. Le salaire moyen saoudien dans le privé reste inférieur aux équivalents du secteur public, créant des défis de rétention. La prochaine phase du programme doit se concentrer sur le déplacement des travailleurs saoudiens vers des postes à plus forte valeur dans la technologie, l’ingénierie, la finance et le management, où productivité et progression salariale sont plus solides.
Le chômage des jeunes, autour de 22 %, s’est amélioré mais reste élevé et affecte de manière disproportionnée les nouveaux entrants sans expérience ni compétences spécialisées. Le pipeline éducation-emploi, traité par le Human Capability Development Program, est critique pour maintenir l’acquis sur le chômage à mesure que de nouvelles cohortes de jeunes Saoudiens entrent chaque année sur le marché du travail.
Perspectives
Après l’atteinte de l’objectif phare de 7 %, la priorité du programme de saoudisation se déplace vers la soutenabilité et la qualité. Le risque de régression existe : si les conditions économiques se détériorent, les employeurs privés pourraient résister aux mandats de saoudisation ou réduire leurs effectifs, faisant remonter le chômage au-dessus de 7 %. Maintenir l’acquis exige une croissance économique continue pour absorber les nouveaux entrants, des programmes d’upskilling pour améliorer productivité et rémunération des travailleurs saoudiens, et une application calibrée de Nitaqat conciliant objectifs d’emploi et viabilité des entreprises. Le principal défi de long terme est de garantir que la croissance de l’emploi saoudien se situe dans des rôles productifs et bien rémunérés, soutenant une économie fondée sur la connaissance, plutôt que dans des postes de remplissage de quotas à faible productivité.