L’analyse du taux de chômage en Arabie saoudite en 2026 se concentre sur le taux des nationaux saoudiens, autour de 7 %, ce qui représente une réalisation significative par rapport à la cible intermédiaire de Vision 2030. Ce chiffre a diminué depuis 12,3 % en 2017, au lancement du programme, sous l’effet combiné de l’expansion du secteur privé, des mandats de saoudisation, de l’entrée des femmes sur le marché du travail et de programmes ciblés d’emploi.
Comprendre L’Indicateur
Les statistiques saoudiennes du chômage se concentrent spécifiquement sur les ressortissants saoudiens, plutôt que sur l’ensemble de la population résidente. Les travailleurs étrangers présents dans le Royaume sont sous visa sponsorisé par l’employeur et sont par définition employés. L’indicateur de politique pertinent est donc le chômage des nationaux saoudiens, qui mesure le défi d’intégrer une main-d’œuvre saoudienne jeune et croissante dans un emploi productif.
La General Authority for Statistics (GASTAT) publie des enquêtes trimestrielles sur la population active fournissant les chiffres officiels du chômage. La méthodologie suit les standards de l’International Labour Organization, en comptant comme chômeurs les ressortissants saoudiens âgés de 15 ans et plus qui recherchent activement un emploi sans être actuellement employés.
Trajectoire De Baisse
Le taux de chômage a diminué régulièrement depuis 2017. Parti de 12,3 % au lancement de Vision 2030, il est tombé à environ 11 % en 2020, a accéléré vers 8 % en 2023 et a atteint environ 7 % en 2025. Cette trajectoire a dépassé les attentes gouvernementales et atteint la cible Vision 2030 avant l’échéance.
La baisse résulte de plusieurs facteurs. Le programme de saoudisation Nitaqat impose des pourcentages minimaux d’emploi saoudien dans les entreprises privées, créant des exigences légales d’embauche. L’ouverture de nouveaux secteurs économiques, notamment divertissement, tourisme et commerce, a créé des centaines de milliers d’emplois adaptés aux nationaux saoudiens. La participation féminine, passée de 17 % à plus de 35 %, a fait entrer dans l’emploi productif des femmes saoudiennes auparavant inactives.
Chômage Des Jeunes
Le chômage des jeunes, défini comme le chômage des ressortissants saoudiens âgés de 15 à 24 ans, reste élevé par rapport au taux global, autour de 15 à 18 %. Il reflète les difficultés de transition des nouveaux entrants sur le marché du travail : inadéquation des compétences entre formation et besoins des employeurs, salaire de réserve influencé par le soutien familial et les prestations de chômage, et concurrence de travailleurs étrangers expérimentés.
Le programme Tamheer de formation en situation de travail, qui propose des stages subventionnés dans des entreprises privées, contribue à combler l’écart pour les jeunes diplômés. Le Human Resources Development Fund (Hadaf) fournit des subventions salariales aux entreprises recrutant des nationaux saoudiens, couvrant généralement 30 à 50 % du salaire pendant les deux premières années d’emploi.
Emploi Féminin
La montée de l’emploi féminin représente le changement le plus important dans la dynamique du marché du travail saoudien. Les femmes constituent désormais une part significative des nouvelles embauches dans le commerce, l’hôtellerie, la santé, l’éducation, les services financiers et la technologie. La levée de l’interdiction de conduire en 2018, la suppression des exigences de tutelle pour l’emploi et l’ouverture de secteurs auparavant réservés aux hommes ont profondément élargi la participation économique féminine.
Le chômage féminin parmi les ressortissantes saoudiennes est passé de plus de 30 % en 2017 à environ 12 %, même s’il reste supérieur au chômage masculin, autour de 4 %. L’écart reflète le caractère récent de l’entrée des femmes sur le marché du travail et la persistance de barrières structurelles dans certains secteurs et régions.
Emploi Dans Le Secteur Privé
Le secteur privé emploie environ 2,2 millions de ressortissants saoudiens, contre moins de 1,5 million en 2017. Les services sont le premier employeur de Saoudiens, devant le commerce, la santé et la construction. La cible gouvernementale est de créer 6 millions d’emplois dans le secteur privé pour les nationaux saoudiens d’ici 2030, objectif qui exige une croissance économique soutenue et la poursuite des efforts de saoudisation.
Les salaires moyens du secteur privé pour les nationaux saoudiens ont augmenté modérément, avec un salaire minimum qualifiant pour Nitaqat fixé à 4 000 SAR par mois. Les rôles plus qualifiés dans les services financiers, la technologie et les services professionnels commandent des rémunérations nettement plus élevées, aidant à attirer les talents saoudiens hors du secteur public traditionnellement préféré.
Économie De Plateforme Et Travail Indépendant
L’économie de plateforme est devenue un canal d’emploi significatif. Les plateformes de livraison, VTC, services professionnels freelance et création de contenu offrent des opportunités de revenu aux nationaux saoudiens qui préfèrent des formes de travail flexibles. Le programme Freelancer Certificate (Watheeqa), qui permet aux Saoudiens de formaliser une activité indépendante, a inscrit des centaines de milliers de participants.
Comparaison Et Perspectives
Le taux de chômage saoudien de 7 % se compare à environ 3 % aux Emirats arabes unis pour les nationaux, 13 % en Turquie et 7 à 8 % dans de nombreuses économies européennes. Compte tenu du rythme rapide d’entrée des jeunes Saoudiens et des femmes dans la population active, maintenir le taux sous 7 % tout en absorbant les nouveaux entrants reste un défi substantiel. L’accent gouvernemental sur la création d’emplois via les mégaprojets de Vision 2030, l’expansion du secteur privé et le développement des compétences est central pour soutenir les progrès.
