Le PIB non pétrolier est l’indicateur clé pour mesurer les progrès de l’Arabie saoudite vers la diversification économique dans le cadre de Vision 2030 et dans le tableau de bord global des progrès. Il représente la valeur totale des biens et services produits dans le Royaume hors contribution directe de l’extraction de pétrole brut et de gaz naturel. Il offre ainsi une lecture plus claire de la santé de l’économie sous-jacente et de sa trajectoire de croissance, indépendamment de la volatilité des prix mondiaux de l’énergie. Ces dernières années, la croissance du PIB non pétrolier a régulièrement dépassé celle du PIB total, reflétant la transformation structurelle de l’économie saoudienne depuis une dépendance quasi totale au pétrole vers une base plus équilibrée et résiliente.
Définition et mesure
Le PIB non pétrolier est calculé en retranchant du produit intérieur brut total la valeur ajoutée du secteur de l’extraction pétrolière et gazière. La General Authority for Statistics (GASTAT) publie les chiffres trimestriels et annuels du PIB non pétrolier dans les comptes nationaux saoudiens, fournissant une mesure transparente et régulièrement actualisée des progrès de diversification.
Il est important de noter que le PIB non pétrolier inclut des activités économiques indirectement liées aux recettes pétrolières ou rendues possibles par elles, notamment les services publics financés par les revenus du pétrole et certaines activités pétrochimiques utilisant des intrants hydrocarbures. La mesure capture la production économique hors extraction directe de pétrole brut et de gaz naturel, et non une activité économique entièrement indépendante des hydrocarbures. Cette distinction est essentielle pour interpréter correctement l’indicateur.
Le PIB non pétrolier peut être davantage décomposé entre PIB non pétrolier privé et PIB non pétrolier public. Le PIB non pétrolier privé, qui exclut les services gouvernementaux, est particulièrement suivi comme mesure de la vitalité du secteur privé et de l’efficacité des politiques destinées à élargir l’économie non gouvernementale.
Tendances de croissance
La croissance du PIB non pétrolier saoudien a été remarquablement solide pendant l’ère Vision 2030. Depuis 2017, les taux de croissance annuels se situent généralement entre 3 et 6 % en termes réels, surperformant nettement la croissance du PIB total, plus volatile en raison des fluctuations des prix du pétrole et de la production. Lorsque les réductions de production de l’OPEP+ ont pesé sur le PIB pétrolier, la croissance non pétrolière a fourni l’impulsion économique qui a soutenu l’emploi, la consommation et l’investissement.
Le taux de croissance annuel composé du PIB non pétrolier depuis le lancement de Vision 2030 dépasse celui observé dans la décennie précédant le programme de réforme, signe que les réformes structurelles et les dépenses publiques génèrent une production mesurable au-delà des hydrocarbures. Le PIB non pétrolier est passé d’environ 1,7 billion de SAR au lancement de Vision 2030 à plus de 2,3 billions de SAR en 2024, soit une progression absolue substantielle.
Composition sectorielle
L’économie non pétrolière se compose de secteurs diversifiés. Les principaux contributeurs incluent le commerce de gros et de détail, la construction, les services financiers, l’industrie manufacturière hors raffinage, le transport, l’immobilier, les services publics et les technologies de l’information et de la communication. La part relative de chaque secteur a évolué à mesure que les initiatives de Vision 2030 ont stimulé des domaines auparavant sous-développés.
La construction a été l’un des moteurs principaux, alimentée par un pipeline massif de projets incluant NEOM, The Red Sea, Qiddiya, Diriyah Gate et l’expansion de Riyad. Les services financiers se sont développés grâce à la croissance du marché hypothécaire, au développement des marchés de capitaux et à l’innovation fintech. Le commerce de gros et de détail a bénéficié de la croissance démographique, de la hausse des dépenses de consommation et de l’expansion des formats modernes de distribution.
Le tourisme et le divertissement, quasi inexistants comme secteurs économiques mesurés avant Vision 2030, sont devenus des contributeurs croissants au PIB non pétrolier. L’hôtellerie, la programmation culturelle, les événements sportifs et les dépenses de loisirs domestiques participent tous à l’expansion de l’économie non pétrolière.
Rôle comme référence de politique publique
La croissance du PIB non pétrolier est devenue la référence principale d’évaluation de la politique économique saoudienne, à la fois dans le Royaume et pour les observateurs internationaux. Le Fonds monétaire international, la Banque mondiale, les agences de notation et les analystes d’investissement se concentrent tous sur les métriques de PIB non pétrolier lorsqu’ils évaluent les perspectives économiques et l’avancement des réformes. Une croissance robuste du PIB non pétrolier soutient les notations souveraines, la confiance des investisseurs et le récit d’une transformation économique réussie.
Le gouvernement saoudien utilise explicitement des objectifs de PIB non pétrolier dans la planification budgétaire et la formulation des politiques. Le communiqué budgétaire annuel inclut généralement des projections de croissance non pétrolière, et les interventions publiques sont calibrées pour maintenir cette dynamique. L’accent mis sur les métriques non pétrolières traduit une stratégie délibérée de déplacement de l’attention et de la responsabilité vers les résultats de diversification.
Recettes non pétrolières
Les recettes non pétrolières sont étroitement liées au PIB non pétrolier. Elles désignent les revenus de l’État provenant de sources autres que le pétrole. Sous Vision 2030, elles ont fortement augmenté, de 166 milliards de SAR en 2015 à plus de 450 milliards de SAR en 2024. Cette croissance a été portée par l’introduction de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), les droits d’accise sur le tabac et les boissons sucrées, l’augmentation de certains frais de services publics et les revenus croissants d’entités comme la Saudi Ports Authority, les frais liés au tourisme et les rendements d’investissement.
La progression des recettes non pétrolières réduit la dépendance budgétaire de l’État aux revenus pétroliers et abaisse le prix d’équilibre fiscal du pétrole, c’est-à-dire le prix auquel le gouvernement peut équilibrer son budget. Cette résilience budgétaire est un objectif clé de Vision 2030 et un facteur critique dans les évaluations de solvabilité souveraine.
Comparaison internationale
La performance de croissance du PIB non pétrolier saoudien se compare favorablement à celle des pairs régionaux et d’autres économies dépendantes des ressources naturelles. Le rythme et l’étendue de la diversification, mesurés par l’expansion du PIB non pétrolier, dépassent la trajectoire observée dans la plupart des pays exportateurs de pétrole à des stades comparables de développement économique. Toutefois, le niveau absolu de diversification, mesuré par la part du PIB non pétrolier dans le PIB total, reste un chantier en cours compte tenu de l’échelle massive de la production pétrolière saoudienne.
Défis et interprétation
L’interprétation du PIB non pétrolier exige de la prudence. L’indicateur ne capture pas pleinement le degré d’indépendance économique vis-à-vis des hydrocarbures, car une part importante de l’activité non pétrolière demeure indirectement dépendante des dépenses publiques financées par les revenus pétroliers. La diversification véritable sera atteinte lorsque la croissance du PIB non pétrolier privé sera auto-entretenue et non principalement portée par la relance budgétaire de l’État. La transition d’une croissance non pétrolière conduite par le gouvernement vers une croissance conduite par le secteur privé constitue la prochaine frontière de la diversification saoudienne.
Perspectives
La croissance du PIB non pétrolier devrait rester robuste sur le reste de la période Vision 2030, soutenue par la poursuite des investissements d’infrastructure, l’expansion du secteur privé, la croissance du tourisme et la maturation progressive de nouveaux secteurs économiques. Cet agrégat demeure la mesure la plus importante pour juger si Vision 2030 atteint son objectif fondamental : bâtir une économie capable de prospérer au-delà de l’ère pétrolière.
