Dépenses d’éducation en Arabie saoudite 2025 : investir dans le capital humain
Les dépenses d’éducation en Arabie saoudite restent en 2025 l’une des plus grandes allocations du budget national. Le royaume consacre environ SAR 180 à 200 milliards par an à l’éducation et à la formation, soit près de 15 à 18 % des dépenses publiques totales. En part du PIB, ces dépenses se situent entre 5 et 7 %, au-dessus de la moyenne mondiale et parmi les plus élevées du G20. Cet investissement soutenu reflète le rôle central du capital humain dans les objectifs de diversification et de compétitivité de la Vision 2030.
Structure budgétaire
Les dépenses d’éducation couvrent le budget du ministère de l’Education pour l’enseignement K-12, les allocations à l’enseignement supérieur et aux institutions techniques, la Technical and Vocational Training Corporation (TVTC), les bourses et les initiatives spécialisées de formation. Le ministère supervise environ 30 000 écoles publiques accueillant plus de 6 millions d’élèves, avec un corps enseignant supérieur à 500 000 personnes.
L’enseignement supérieur reçoit une part substantielle du budget. L’Arabie saoudite opère plus de 30 universités publiques, dont King Saud University, King Abdulaziz University, King Fahd University of Petroleum and Minerals et King Abdullah University of Science and Technology (KAUST). Plusieurs universités saoudiennes ont atteint des positions notables dans les classements mondiaux, surtout en ingénierie, informatique et disciplines liées au pétrole.
Réforme éducative sous la Vision 2030
La Vision 2030 a catalysé une réforme complète visant à aligner les résultats éducatifs sur les besoins du marché du travail. Le Human Capability Development Program, l’un des programmes de réalisation de la Vision, vise la qualité éducative, la pertinence de la formation professionnelle et la participation à l’apprentissage tout au long de la vie. Les principaux axes incluent modernisation des programmes autour de l’esprit critique, STEM et littératie numérique, expansion de la petite enfance, et renforcement des passerelles entre éducation et emploi.
Le National Transformation Program a fixé des cibles précises, dont l’augmentation de la part d’élèves saoudiens atteignant des standards compétitifs internationaux en mathématiques et sciences, la hausse des inscriptions en enseignement technique et professionnel, et l’amélioration du taux d’emploi des diplômés universitaires.
Programmes de bourses
Le King Abdullah Scholarship Programme, créé en 2005, a envoyé plus de 200 000 étudiants saoudiens dans des universités étrangères, principalement aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, au Canada et en Australie. Même si son périmètre a été rationalisé ces dernières années, il a créé une génération de professionnels saoudiens formés à l’international, désormais présents dans l’Etat, les entreprises et le monde académique. Les cadres actuels sont plus ciblés, centrés sur les disciplines prioritaires de la diversification économique.
Les bourses domestiques et aides financières soutiennent les étudiants des universités et institutions professionnelles saoudiennes. La Misk Foundation, créée par le prince héritier Mohammed ben Salmane, fournit des opportunités éducatives, fellowships et formations entrepreneuriales aux jeunes Saoudiens.
Education privée
Les inscriptions dans le privé progressent régulièrement, tirées par les familles expatriées et une préférence saoudienne croissante pour les curricula internationaux. Le privé, de K-12 au supérieur et à la formation professionnelle, représente un marché en croissance de plusieurs dizaines de milliards de riyals. La réforme réglementaire a facilité les licences d’écoles privées et créé des opportunités pour les opérateurs internationaux.
L’Education and Training Evaluation Commission assure qualité et accréditation institutionnelle, en appliquant des standards nationaux aux fournisseurs publics et privés. L’intégration de l’offre privée avec les objectifs nationaux de capital humain vise à garantir que l’investissement privé complète les priorités Vision 2030.
Formation technique et professionnelle
La TVTC opère un réseau de collèges et instituts offrant une formation fondée sur les compétences et alignée avec les besoins industriels. Les inscriptions ont augmenté à mesure que le gouvernement met en avant les parcours professionnels comme alternative à l’université. Les partenariats avec des fournisseurs internationaux et sponsors industriels améliorent qualité et pertinence.
Des académies sectorielles, dont Saudi Petroleum Services Polytechnic, Saudi Digital Academy et les programmes hôteliers du Tourism Development Fund, ciblent les déficits de compétences dans les industries prioritaires. Ces investissements doivent transformer les dépenses d’éducation en capacités employables.
Résultats et défis
Malgré des dépenses substantielles, les résultats éducatifs ont historiquement été inférieurs aux références internationales. Les performances saoudiennes dans PISA et TIMSS s’améliorent mais restent sous les moyennes OCDE. Le chômage des diplômés, en particulier en lettres et sciences sociales, signale des inadéquations persistantes entre formation et marché du travail. L’amélioration de la qualité, la pertinence des programmes et l’engagement des employeurs sont donc au centre des réformes.
Perspectives
Les dépenses d’éducation devraient rester élevées alors que le royaume investit dans la base humaine de son économie post-pétrole. L’efficacité de cet investissement, mesurée par la qualité éducative, l’alignement des compétences et les résultats d’emploi, sera déterminante pour la réussite de la Vision 2030. Pour les fournisseurs edtech, les entreprises de formation et les investisseurs institutionnels, le secteur saoudien de l’éducation représente une grande opportunité portée par la réforme.
