CEDA, le Council of Economic and Development Affairs saoudien, est l’organe exécutif suprême responsable de la politique économique, des programmes de développement et de la mise en œuvre de la Vision 2030. Créé par ordre royal en janvier 2015 et présidé par le prince héritier Mohammed bin Salman, CEDA a remplacé l’ancien Supreme Economic Council et reçu une autorité élargie pour coordonner l’ensemble de l’agenda de transformation économique du Royaume. Il fonctionne comme le système nerveux central de la stratégie nationale de développement saoudienne.
Création et mandat
CEDA a été créé dans le cadre d’une restructuration plus large de l’architecture de gouvernance saoudienne au début du règne du roi Salman. Le Conseil a reçu un mandat complet couvrant formulation de la politique économique, planification du développement, supervision budgétaire et coordination entre ministères et agences. Contrairement à son prédécesseur, CEDA a reçu une autorité exécutive directe pour piloter la mise en œuvre plutôt que de servir principalement d’organe consultatif.
La création de CEDA a signalé un changement fondamental dans la gouvernance économique saoudienne, en concentrant le pouvoir décisionnel dans un organe rationalisé capable d’avancer au rythme requis par un programme de transformation ambitieux. En plaçant le prince héritier à sa présidence, le Conseil dispose de l’autorité politique nécessaire pour surmonter l’inertie institutionnelle et les résistances bureaucratiques aux réformes.
Rôle dans la Vision 2030
CEDA sert de mécanisme principal de gouvernance pour la Vision 2030, le plan national de transformation lancé en avril 2016. Le Conseil examine et approuve l’orientation stratégique des programmes Vision 2030, suit les progrès de mise en œuvre par un système sophistiqué de gestion de la performance et intervient pour lever les obstacles et accélérer l’exécution.
L’architecture de livraison de la Vision 2030 fonctionne à travers une série de Vision Realisation Programmes (VRP), chacun ciblant des domaines de réforme tels que soutenabilité budgétaire, croissance du secteur privé, logement, santé et divertissement. CEDA supervise le Vision 2030 Achievement Office et la Delivery Unit, qui suivent des milliers d’indicateurs clés de performance à travers ministères et bureaux de programme. Les revues régulières de progrès menées sous son autorité assurent responsabilité et correction de trajectoire.
Composition et structure
CEDA comprend des membres seniors de la famille royale, des ministres clés et des dirigeants de grandes institutions économiques. Le prince héritier préside le Conseil, dont les membres viennent notamment des portefeuilles finances, économie et planification, énergie, investissement et autres ministères économiques. Les dirigeants d’organismes comme le Public Investment Fund, la Royal Commission for Riyadh City et NEOM Company participent aux délibérations pertinentes.
Le Conseil se réunit régulièrement, avec une fréquence intensifiée lors des périodes de développement majeur de politiques ou d’ajustement économique. Des comités de travail et sous-conseils traitent l’analyse détaillée et la préparation des recommandations, alimentant le processus décisionnel de CEDA. Le secrétariat gère préparation des ordres du jour, coordination interministérielle et suivi des directives du Conseil.
Domaines de politique clés
L’autorité de CEDA couvre tout le spectre de la politique économique. Le Conseil supervise la politique budgétaire, dont le cadre budgétaire annuel, les priorités de dépense et les mesures de diversification des revenus comme la TVA et les droits d’accise introduits sous sa surveillance. La coordination de la politique monétaire avec SAMA, la stratégie d’émission de dette souveraine et la gestion des réserves budgétaires du Royaume relèvent de son périmètre.
La politique industrielle, dont la National Industrial Strategy et les programmes de localisation, est développée et suivie sous la guidance de CEDA. Le Conseil supervise également les réformes du marché du travail, les initiatives de privatisation et la modernisation réglementaire destinées à améliorer l’environnement des affaires et à attirer les investissements directs étrangers.
Gestion des crises économiques
CEDA a démontré sa capacité de gestion de crise lors de l’effondrement des prix du pétrole et de la pandémie de COVID-19 en 2020, en orchestrant une réponse budgétaire rapide comprenant plans de relance, mesures de soutien au secteur privé et tolérance réglementaire temporaire. Le Conseil a autorisé le triplement de la TVA de 5 à 15 % comme mesure d’urgence de revenus et supervisé la mobilisation de réserves publiques pour maintenir les dépenses des programmes critiques.
La rapidité et la fermeté de la réponse de CEDA à la pandémie ont illustré les avantages d’une gouvernance économique centralisée. Des décisions qui auraient pu exiger des mois de négociation interministérielle dans l’ancienne structure ont été prises en quelques jours, permettant au Royaume de déployer rapidement des mesures contracycliques efficaces.
Coordination avec d’autres organes
CEDA opère en coordination avec d’autres grands organes de gouvernance, dont le Council of Political and Security Affairs (CPSA), qui traite les affaires étrangères et de sécurité. La délimitation claire des responsabilités entre CEDA et CPSA évite les doublons et assure l’intégration des considérations économiques et sécuritaires au plus haut niveau.
Le Conseil coordonne également avec les organisations économiques internationales, institutions multilatérales de développement et partenaires bilatéraux sur la politique commerciale, les accords d’investissement et la coopération au développement. La présidence saoudienne du G20 en 2020 a été gérée à travers le cadre institutionnel de CEDA, démontrant sa capacité d’engagement économique international.
Impact et évaluation
Depuis sa création, CEDA a supervisé le programme de réforme économique le plus complet de l’histoire saoudienne. Les revenus non pétroliers sont passés de 166 milliards de SAR en 2015 à plus de 450 milliards, la part du secteur privé dans le PIB s’est élargie, la participation féminine au marché du travail a plus que triplé et le tourisme a été établi comme nouveau pilier économique. Des défis demeurent en matière d’exécution et de rythme, mais le modèle de gouvernance centralisée de CEDA s’est révélé efficace pour porter le changement structurel dans l’économie saoudienne.
