Les réserves pétrolières de l’Arabie saoudite sont estimées à environ 268 milliards de barils de brut prouvé, ce qui place le Royaume parmi les principaux détenteurs de réserves au monde et au centre de la production à bas coût au sein de l’OPEP+. Contrairement aux réserves plus lourdes du Venezuela, la base pétrolière saoudienne est dominée par des bruts légers et moyens, exploitables à des coûts directs d’extraction parmi les plus faibles de l’industrie mondiale.
Base de réserves
Les réserves prouvées du Royaume sont concentrées dans plusieurs champs supergéants et géants de la Province orientale. Le champ de Ghawar, plus grand champ pétrolier conventionnel au monde, contient environ 70 milliards de barils de réserves restantes et produit depuis 1951. Safaniyah, le plus grand champ pétrolier offshore au monde, détient environ 37 milliards de barils. Les autres grands champs comprennent Khurais, Shaybah, Manifa et Zuluf.
Saudi Aramco gère l’ensemble de cette base de réserves dans le cadre d’une concession accordée par l’État saoudien. Le rapport annuel de réserves de l’entreprise, audité par des ingénieurs pétroliers indépendants, a confirmé de manière récurrente le niveau des réserves dans une fourchette étroite, ce qui renforce la visibilité sur la qualité de l’actif.
Capacité de production
L’Arabie saoudite dispose d’une capacité maximale de production soutenable d’environ 12 millions de barils par jour, tandis que la production effective évolue le plus souvent entre 9 et 10 millions de barils par jour selon les accords de production de l’OPEP+. Cette capacité disponible de 2 à 3 millions de barils par jour est sans équivalent parmi les grands producteurs et confère au Royaume un rôle stratégique de producteur d’appoint sur les marchés pétroliers mondiaux.
La capacité d’augmenter ou de réduire rapidement la production constitue à la fois un instrument géopolitique et un amortisseur économique. Lors des perturbations d’offre, la capacité saoudienne disponible a stabilisé les marchés mondiaux. Lors des phases d’excédent, les réductions volontaires de production saoudiennes ont soutenu les prix.
Durée de vie des réserves
Aux rythmes de production actuels d’environ 10 millions de barils par jour, soit 3,65 milliards de barils par an, les réserves prouvées de l’Arabie saoudite représentent approximativement 73 années de production. Il s’agit d’une estimation prudente, car elle n’intègre ni les réserves probables et possibles, ni les technologies de récupération assistée qui augmentent le facteur de récupération, ni les ressources non découvertes dans les zones encore peu explorées du Royaume.
Le facteur de récupération d’Aramco, c’est-à-dire la part du pétrole en place extractible avec les technologies actuelles, est d’environ 50 % pour les principaux champs, avec un objectif de 70 % grâce aux techniques avancées de récupération. Même de faibles gains de facteur de récupération se traduisent par des milliards de barils supplémentaires.
Qualité et avantage de coût
Le brut saoudien est principalement composé d’Arab Light, avec une densité API d’environ 33 degrés, et d’Arab Extra Light, avec une densité API d’environ 39 degrés, bien adaptés aux configurations de raffinage mondiales. Le coût de production figure parmi les plus bas du monde, les coûts d’extraction amont d’Aramco se situant approximativement entre 3 et 5 dollars par baril.
Cet avantage de coût signifie que le pétrole saoudien demeure économiquement viable dans presque tous les scénarios de prix. Il crée une barrière structurelle face aux producteurs de schiste, dont le point mort se situe généralement entre 40 et 60 dollars, à l’offshore profond, entre 45 et 65 dollars, et aux sables bitumineux, entre 50 et 80 dollars.
Valeur stratégique
Ces réserves sous-tendent l’influence géopolitique de l’Arabie saoudite, sa capacité budgétaire et son potentiel de développement économique. Les revenus pétroliers financent les investissements de Vision 2030, soutiennent l’ancrage du riyal au dollar et fournissent la richesse souveraine qui permet au Royaume de conduire des projets de transformation générationnels.
La transition énergétique ajoute une dimension temporelle à la valorisation des réserves. Certains analystes estiment que les réserves doivent être produites et monétisées avant que le pic de la demande mondiale de pétrole ne réduise leur valeur de long terme. D’autres considèrent que les réserves saoudiennes à bas coût feront partie des derniers barils produits dans un scénario de demande déclinante, conservant leur valeur alors même que les réserves plus coûteuses deviendraient échouées.
Potentiel d’exploration
Malgré l’ampleur de la base existante, l’Arabie saoudite poursuit ses activités d’exploration, notamment dans le bassin de la mer Rouge et dans les zones frontières du Rub al-Khali, ou Empty Quarter. Le bassin de la mer Rouge, historiquement sous-exploré en raison de contraintes techniques, a suscité l’intérêt de compagnies pétrolières internationales pour de possibles cycles d’attribution de licences.
Les ressources non conventionnelles, y compris les gisements de pétrole de schiste du bassin de Jafurah et d’autres formations, constituent un potentiel additionnel. Même si leur développement reste à un stade précoce, la géologie saoudienne suggère des ressources significatives susceptibles de compléter la production conventionnelle au cours des prochaines décennies.
Contexte mondial
Les 268 milliards de barils saoudiens se comparent aux 303 milliards du Venezuela, largement composés de brut lourd, aux 170 milliards du Canada, principalement des sables bitumineux, aux 209 milliards de l’Iran et aux 145 milliards de l’Irak. En termes de réserves économiquement accessibles et aisément productibles, la base de ressources saoudienne est sans doute la plus précieuse au monde. Elle fournit un socle de prospérité économique qui, combiné à la diversification de Vision 2030, positionne le Royaume pour un développement durable quelle que soit la trajectoire de la transition énergétique mondiale.
