Capacité de dessalement en Arabie saoudite : ingénierie de la sécurité hydrique
La capacité de dessalement de l’Arabie saoudite en 2025 est un système stratégique de sécurité hydrique, non un service public périphérique. Le royaume est le premier producteur mondial d’eau dessalée, exploitant un réseau qui produit plus de 7,5 millions de mètres cubes par jour et représente environ 22 % de la capacité mondiale de dessalement. Cette infrastructure, centrale dans la planification de la Vision 2030, est une nécessité existentielle : l’Arabie saoudite reçoit moins de 100 millimètres de pluie par an, ne possède pas de rivières permanentes et dépend de l’eau de mer dessalée pour la majorité de son approvisionnement municipal et industriel.
Vue d’ensemble de l’infrastructure
La Saudi Water Authority (SWA), anciennement Saline Water Conversion Corporation (SWCC), exploite la majorité des usines publiques de dessalement sur les côtes de la mer Rouge et du golfe Arabique. Les grandes installations incluent Ras Al Khair, l’une des plus grandes au monde, combinant dessalement et production électrique ; Shoaiba, sur la côte de la mer Rouge, desservant Djeddah et La Mecque ; et les usines de Jubail, qui alimentent la Province orientale et Riyad via des conduites longue distance.
L’infrastructure de dessalement du royaume est connectée à un vaste réseau de transmission et distribution. Le système de conduites le plus stratégique transporte l’eau dessalée des usines de la côte du Golfe vers Riyad, sur environ 480 kilomètres à travers le désert. Ce corridor est-ouest d’eau constitue une infrastructure nationale critique, dont la capacité est élargie pour accompagner la croissance rapide de la population de Riyad.
Paysage technologique
La flotte saoudienne utilise à la fois des technologies thermiques et membranaires. La distillation flash multi-étagée (MSF) et la distillation multi-effets (MED) dominent la flotte thermique existante, surtout dans les anciennes installations co-localisées avec des centrales électriques pour produire eau et électricité. L’osmose inverse (RO) a été adoptée pour toutes les additions récentes de grande échelle, avec une consommation énergétique et des coûts d’investissement par unité d’eau plus faibles.
Le basculement vers l’osmose inverse est tiré par les impératifs d’efficacité énergétique et la baisse des coûts de membranes. Les usines RO modernes en Arabie saoudite atteignent des consommations inférieures à 3,5 kilowattheures par mètre cube, soit environ la moitié des besoins des alternatives thermiques. Ce gain d’efficacité est particulièrement important compte tenu de l’objectif du royaume de réduire la consommation domestique d’énergie non destinée à l’exportation.
Expansion de capacité
Le programme d’expansion de capacité inclut plusieurs grands projets d’independent water producer (IWP) attribués via des cadres de partenariat public-privé concurrentiels. Jubail 3A IWP, d’une capacité de 600 000 mètres cubes par jour, et Rabigh 4 IWP figurent parmi les additions récentes. D’autres projets sont à différents stades d’appel d’offres et de développement afin de répondre à la demande urbaine croissante.
ACWA Power, premier développeur privé saoudien de dessalement, participe à plusieurs projets dans le royaume et compte parmi les leaders mondiaux du secteur. Des développeurs internationaux, dont Engie, Veolia et plusieurs groupes asiatiques de l’eau, concourent dans les appels d’offres saoudiens, assurant pression concurrentielle sur les prix et transfert de technologie.
Privatisation et corporatisation
Le secteur saoudien de l’eau a connu une privatisation et une corporatisation significatives. Les projets IWP transfèrent le développement, le financement et le risque opérationnel à des consortiums privés sous contrats d’achat d’eau de long terme. La National Water Company (NWC) gère la distribution urbaine et la collecte des eaux usées, opérant comme entité corporatisée avec des objectifs de qualité de service, d’efficacité réseau et de réduction de l’eau non facturée.
La Water Transmission and Technologies Company (Tamasuk), entité récemment établie, gère les infrastructures stratégiques de transmission, dont les réseaux de conduites critiques reliant les usines côtières aux centres de population intérieurs.
Nexus énergie-eau
L’interdépendance entre production d’énergie et d’eau est une caractéristique structurante du paysage d’infrastructure saoudien. Le dessalement consomme environ 25 % de la production énergétique domestique du royaume. Faire basculer le dessalement vers les renouvelables, en particulier le solaire, réduirait simultanément les émissions carbone et libérerait des hydrocarbures pour l’exportation. Des projets pilotes intégrant solaire et osmose inverse sont en développement, avec un potentiel de déploiement à grande échelle.
Perspectives
La capacité saoudienne de dessalement continuera d’augmenter pour répondre à une population croissante et urbanisée ainsi qu’à une base industrielle en expansion. L’évolution technologique vers une osmose inverse plus efficiente, l’intégration aux énergies renouvelables et les approches innovantes, dont dessalement flottant et systèmes modulaires, créent des opportunités pour fournisseurs technologiques et investisseurs. La position de leader mondial du dessalement garantit que l’Arabie saoudite restera au premier plan du déploiement et de l’innovation dans les technologies de l’eau.
