La production pétrolière de l’Arabie saoudite en 2025 est déterminée par les quotas OPEP+, la capacité d’environ 12 millions b/j de Saudi Aramco et les besoins budgétaires de Vision 2030. Le Royaume reste le premier exportateur mondial de brut, mais sa production effective demeure généralement inférieure à sa pleine capacité afin que Riyad puisse gérer les prix, la capacité disponible et la stabilité du marché.
Niveaux de production
La production effective de pétrole saoudien en 2025 fluctue selon les décisions de l’OPEP+, généralement entre 9 et 10,5 millions b/j. Le Royaume a investi pour maintenir une capacité maximale soutenable d’environ 12 millions b/j, même si le projet d’extension à 13 millions b/j a été différé avec l’évolution des perspectives énergétiques mondiales. Cette capacité disponible donne à l’Arabie saoudite un pouvoir de marché unique : la capacité d’augmenter rapidement la production face à des ruptures d’approvisionnement ou à des conditions de marché spécifiques.
Dynamiques OPEP+
L’Arabie saoudite codirige l’alliance OPEP+ avec la Russie, en gérant une coalition de plus de 20 pays producteurs de pétrole. Les réductions de production OPEP+ sont un trait central de la gestion du marché pétrolier depuis 2016, l’Arabie saoudite assumant régulièrement les plus grands ajustements volontaires. La disposition du Royaume à réduire sa production pour soutenir les prix traduit une préférence pour des prix plus élevés plutôt que pour des volumes plus importants, maximisant la recette par baril.
En 2025, la politique OPEP+ continue de naviguer dans un environnement complexe : ralentissement de la croissance de la demande dans les économies développées, concurrence de la production de schiste américaine et montée de l’offre hors OPEP. Le rôle de producteur d’appoint de l’Arabie saoudite lui donne une influence disproportionnée sur les prix mondiaux du pétrole.
Opérations d’Aramco
Saudi Aramco exploite les plus grands champs pétroliers conventionnels du monde :
- Ghawar — le plus grand champ pétrolier mondial, produisant environ 3,8 millions b/j
- Safaniyah — le plus grand champ pétrolier offshore mondial
- Khurais, Shaybah, Manifa, Berri — grands champs producteurs dont la production combinée atteint plusieurs millions de b/j
L’efficacité opérationnelle d’Aramco figure parmi les plus élevées au monde, avec certains des coûts de production par baril les plus bas, estimés à 3-5 dollars pour la production marginale. Cet avantage de coût fournit une résilience à travers les cycles de prix.
Intégration aval
Saudi Aramco s’étend au-delà de la production de brut vers le raffinage aval et la pétrochimie. La société exploite des capacités de raffinage domestiques et détient des participations internationales dans des raffineries, notamment MOTIVA aux États-Unis, S-Oil en Corée du Sud et des partenariats en Chine et en Inde. Le programme crude-oil-to-chemicals (COTC) représente la prochaine frontière, avec des plans pour convertir directement le brut en intrants pétrochimiques et réduire la dépendance aux marges traditionnelles de raffinage.
Développement du gaz
Le développement de gaz non conventionnel de Jafurah est la plus importante initiative gazière domestique saoudienne. En développant ses ressources gazières, le Royaume cherche à remplacer le pétrole brut dans la production électrique intérieure, qui consomme actuellement environ 500 000 à 600 000 b/j, et à fournir des intrants pour l’expansion pétrochimique et la production d’hydrogène bleu.
Recettes et impact budgétaire
Les recettes pétrolières continuent de représenter environ 60 à 65 % des revenus publics en 2025, contre plus de 85 % avant Vision 2030, mais elles restent dominantes. Les dividendes versés par Aramco à l’État, via le PIF et les participations publiques directes, constituent un mécanisme central de financement des programmes Vision 2030. La relation entre prix du pétrole, dividendes d’Aramco et capacité de dépense publique demeure l’équation centrale de la politique budgétaire saoudienne.
Transition énergétique
L’Arabie saoudite aborde la transition énergétique mondiale depuis une position particulièrement complexe. En tant que premier exportateur mondial de pétrole, elle a un intérêt économique à une demande pétrolière durable. En tant que réformateur sous Vision 2030, elle a un intérêt stratégique à réduire sa dépendance domestique au pétrole. La stratégie d’Aramco répond à cette tension en prolongeant la chaîne de valeur, via la chimie et l’hydrogène, en réduisant l’intensité carbone des opérations, via CCUS et réduction du torchage, et en maintenant la base de production la moins coûteuse au monde.
Perspectives
La production pétrolière saoudienne en 2025 s’inscrit dans le cadre de la gestion de marché OPEP+, de l’excellence opérationnelle d’Aramco et de la transformation plus large de Vision 2030. Le secteur pétrolier du Royaume n’est pas en déclin ; il est repositionné comme une composante d’une économie diversifiée plutôt que comme le seul socle de la prospérité nationale.
Voir aussi notre profil du secteur pétrole et gaz et le profil institutionnel d’Aramco.
