Aller au contenu principal
Part du PIB non pétrolier: 55 % PIB réel 2025 |Chômage saoudien: 7,2 % T4 2025 |Actifs du PIF: 1 210 Md$ est. 2025 |IDE / PIB: 2,8 % dernière donnée 2025 |Participation féminine: 33,9 % dernière donnée 2025 |Note souveraine: Aa3 / A+ / A+ Moody's / Fitch / S&P |Croissance du PIB: 4,5 % réel 2025 |Pèlerins Omra: 18 M+ étrangers 2025 |Part du PIB non pétrolier: 55 % PIB réel 2025 |Chômage saoudien: 7,2 % T4 2025 |Actifs du PIF: 1 210 Md$ est. 2025 |IDE / PIB: 2,8 % dernière donnée 2025 |Participation féminine: 33,9 % dernière donnée 2025 |Note souveraine: Aa3 / A+ / A+ Moody's / Fitch / S&P |Croissance du PIB: 4,5 % réel 2025 |Pèlerins Omra: 18 M+ étrangers 2025 |
Accueil Analyse et éditorial Le partenariat franco-saoudien d’AlUla court désormais jusqu’en 2035. Vision 2030 n’a jamais été son échéance finale.
Niveau 2 data

Le partenariat franco-saoudien d’AlUla court désormais jusqu’en 2035. Vision 2030 n’a jamais été son échéance finale.

L’extension correspond au véritable horizon du schéma directeur d’AlUla, mais visiteurs, emplois, PIB et phase initiale exigent encore un socle de suivi cohérent.

Donovan Vanderbilt · · 11 min de lecture
Le partenariat franco-saoudien d’AlUla court désormais jusqu’en 2035. Vision 2030 n’a jamais été son échéance finale. — Analysis — Saudi Vision 2030

L’Arabie saoudite et la France ont prolongé leur partenariat sur AlUla jusqu’en 2035. Cette date n’est pas un report de Vision 2030. Elle reconnaît l’horizon de livraison qu’AlUla utilise depuis des années.

Le schéma directeur Journey Through Time prévoit depuis longtemps trois phases s’achevant en 2035, lorsque AlUla doit compter cinq districts de destination, deux millions de visiteurs annuels et des dizaines de milliers de nouveaux emplois. Le nouvel accord bilatéral aligne le véhicule d’État à État sur le calendrier de l’actif. [S1] [S2]

La question la plus importante est ce que l’extension modifie. L’Élysée indique que les parties travailleront à un « cadre renouvelé » reflétant la maturité du partenariat ; il ne publie ni accord amendé, ni programme de travail, ni financement, ni changements de gouvernance, ni nouveaux jalons. [S1]

AlUla est déjà une destination en activité : la RCU indique environ 320 000 visiteurs en 2025, 1 000 clés hôtelières, 14 sites patrimoniaux activés et plus de SAR10 milliards d’infrastructures publiques déployées. [S3] Elle reste aussi loin de son plein développement. L’extension doit être lue comme une continuité institutionnelle pendant une longue phase de construction et de développement de marché, non comme la preuve que chaque jalon initial a été atteint.

Dernière vérification : 1 septembre 2026.

Le partenariat a commencé en 2018, pas en 2026

L’Arabie saoudite et la France ont signé l’accord intergouvernemental initial le 10 avril 2018. La France a créé l’Agence française pour le développement d’AlUla, AFALULA, afin de travailler avec la Royal Commission for AlUla selon un modèle de co-construction. Un comité de pilotage et un comité ministériel de haut niveau ont été établis pour orienter la relation. [S4]

Le partenariat dépasse la promotion touristique. La RCU décrit une expertise française couvrant conservation patrimoniale, archéologie, infrastructures, renforcement des capacités, durabilité et institutions culturelles. Le Centre Pompidou conseille les futures Perspectives Galleries, tandis que l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne participe à l’enseignement, à la formation et à la recherche en archéologie. [S4]

Cette architecture explique pourquoi 2035 compte. Musées, programmes archéologiques, restauration paysagère et institutions locales de compétences ont besoin de continuité au-delà d’un cycle événementiel. Un cadre d’État peut préserver la mémoire institutionnelle tandis que les contrats individuels de conception, de recherche et de construction évoluent.

Le communiqué conjoint d’août 2026 qualifie la relation d’« exceptionnelle » et précise que le cadre renouvelé s’appuiera sur les opportunités d’AlUla comme destination culturelle et patrimoniale. [S1] Il ne dit pas si le mandat, les droits de décision, les honoraires ou le périmètre de livraison d’AFALULA sont élargis. L’extension sécurise la durée ; l’amendement opératoire demeure non publié.

La participation française est surtout publiée comme commande saoudienne

La RCU indique que la collaboration avec AFALULA a conduit à l’attribution de plus de 170 contrats à des entreprises françaises depuis 2019, pour une valeur cumulée supérieure à 200 millions de dollars. Soixante-douze contrats d’une valeur de 35,8 millions de dollars ont été commandés pour la seule année 2022. [S4]

Ces chiffres démontrent une profondeur commerciale, mais ils doivent être classés correctement. Les contrats attribués à des entreprises françaises sont des achats saoudiens de services et d’expertise français. Ils ne constituent pas, sans preuve distincte, du capital français investi dans AlUla.

La publication ne fournit pas plusieurs éléments nécessaires pour calculer la distribution économique du partenariat :

  • si les 200 millions de dollars correspondent à la valeur attribuée ou aux dépenses effectivement payées ;
  • la période couverte au-delà de « depuis 2019 » et sa dernière date de mise à jour ;
  • la part livrée par des équipes françaises par rapport aux opérations et sous-traitants saoudiens ;
  • le volume attribué par appel d’offres concurrentiel ;
  • la concentration parmi les plus grands fournisseurs ; et
  • les emplois, formations et droits de propriété intellectuelle saoudiens produits par les contrats.

La valeur moyenne implicite par contrat, un peu plus de 1,18 million de dollars si exactement 170 contrats totalisaient exactement 200 millions, n’a pas de portée analytique car le numérateur et le dénominateur sont des bornes basses et la distribution peut être très concentrée. La RCU devrait publier le registre par secteur, année, valeur attribuée, valeur payée et contenu local.

La France peut aussi contribuer par l’investissement, la demande touristique et des ressources institutionnelles hors de ce total de commande publique. Ces flux doivent avoir leurs propres catégories. Les agréger brouillerait la dépense d’acheteur avec le capital-risque d’investisseur.

Le tableau de bord 2035 a bougé

Les objectifs d’AlUla ne sont pas parfaitement stables d’une page officielle à l’autre. Cela rend indispensable une base datée.

IndicateurFormulation officielle antérieure/actuelleIndicateur livré en 2025Échelle restante
Visiteurs annuels2m d’ici 2035~320 0006,25 fois le niveau de 2025
Nouveaux emplois38 000 d’ici 2035 dans le schéma directeur/la page investisseur2 169 emplois touristiques déclarés pour 2024 ; pas un total cumulatif strictement comparableNon calculable directement
Nouveaux emplois, cible alternative du rapport annuel RCU40 500 d’ici 2035Formulation de cible différenteRapprochement nécessaire
Contribution cumulée au PIBSAR120bn dans le schéma directeur initial ; la page investisseur actuelle indique SAR150bn+Pas de valeur cumulée réalisée actuelle sur la page investisseurDéfinition et rebasage nécessaires
Clés hôtelières5 000+ dans Journey Through Time ; la page investisseur actuelle indique 1 000 en exploitation plus 5 000 à ajouter d’ici 20301 000Au moins 5 000 supplémentaires selon la proposition investisseur actuelle
Sites patrimoniaux activésPas de cible finale directement comparable14Production opérationnelle
Infrastructures publiquesPlus de SAR10bn déployésPlus de SAR10bnDépense, pas pourcentage d’achèvement

Sources : page d’investissement actuelle de la RCU, documents Journey Through Time et reporting de durabilité 2024. [S2] [S3] [S5]

L’arithmétique des visiteurs montre le défi commercial. Passer de 320 000 visiteurs en 2025 à deux millions en 2035 exige une multiplication par 6,25, soit environ 20,1 % de croissance annuelle composée pendant dix années consécutives. La RCU rapporte environ 22 % de CAGR visiteurs de 2021 à 2025. [S3] Maintenir un rythme proche avec une base beaucoup plus élevée serait une performance considérable.

Les indicateurs qualitatifs actuels sont encourageants : 94 % de satisfaction visiteurs, un séjour moyen de 3,6 jours et 27 % de visiteurs internationaux en 2025. [S3] Ils sont auto-déclarés et nécessitent définitions, tailles d’échantillon et séries temporelles, mais ils déplacent l’analyse au-delà de la construction.

Les objectifs d’emplois et de PIB doivent être rapprochés. Le schéma directeur initial utilise 38 000 emplois et SAR120 milliards de contribution au PIB. Les pages des rapports annuels 2023 et 2024 de la RCU affichent 40 500 emplois et SAR150 milliards de contribution cumulée. La page investisseur actuelle associe 38 000 emplois à « SAR150bn+ » dans un panneau statistique séparé et continue de décrire 32 milliards de dollars, soit environ SAR120 milliards, dans le texte. [S2] [S3] [S6]

Il peut s’agir d’un modèle économique révisé. Il devrait être présenté comme tel, avec méthodologie et année de base.

La clôture manquante est la première phase de 2023

Journey Through Time a été lancé en 2021 avec trois phases de mise en œuvre jusqu’en 2035. Sa FAQ publique indiquait que la première phase devait s’achever en 2023. Cette phase devait créer une expérience visiteur continue à travers le Wadi of Hospitality et des projets au niveau des districts, avec espaces publics, réhabilitation agricole, gestion de l’eau et, à terme, un tramway bas carbone de 46 kilomètres. [S2]

Les documents actuels de la RCU reproduisent encore l’affirmation selon laquelle la première phase était « prévue » ou « attendue » pour 2023. Ils ne fournissent pas de rapport de clôture de phase un recensant les composantes livrées, reprogrammées ou retirées du périmètre. [S2]

Cela ne suffit pas pour conclure que toute la phase a échoué. Plusieurs actifs fondamentaux fonctionnent : la vieille ville et les sites patrimoniaux accueillent des visiteurs ; l’hospitalité est ouverte ; l’aéroport a porté sa capacité à 700 000 passagers annuels ; et d’importantes infrastructures publiques ont été déployées. [S3]

Cela suffit en revanche pour conclure que la reddition de comptes sur les jalons est incomplète. Une phase de schéma directeur contient un périmètre défini. Si ce périmètre change, le dossier public devrait préciser quels livrables ont été acceptés, lesquels ont migré vers des phases ultérieures et pourquoi.

Le tramway bas carbone est désormais « anticipé » comme pleinement opérationnel au troisième trimestre 2030. [S3] C’est une date actuelle claire et elle doit remplacer toute impression que le programme connecteur initial de phase un était entièrement achevé en 2023.

Ce qui a été livré est substantiel mais inégal

Les preuves soutiennent trois domaines de progrès réalisé.

Opérations de destination. AlUla a accueilli environ 320 000 visiteurs en 2025, desservis par quelque 2 200 vols commerciaux. Quatorze sites patrimoniaux sont activés et 1 000 clés hôtelières sont en exploitation. [S3]

Infrastructures. La RCU rapporte plus de SAR10 milliards déployés dans les infrastructures publiques. La capacité annuelle de l’aéroport international d’AlUla est passée de 400 000 à 700 000 passagers. [S3] La capacité n’est pas le trafic, mais elle retire une contrainte de court terme.

Institutions culturelles et de recherche. Le statut UNESCO de Hegra précède le schéma directeur, tandis que l’archéologie active, les liens universitaires et la planification muséale montrent une profondeur institutionnelle. La relation française est particulièrement visible ici.

Le point faible est la comparabilité des résultats économiques. Le rapport de durabilité 2024 de la RCU indique que le tourisme a généré 2 169 emplois cette année-là. [S5] C’est utile, mais pas directement comparable à une cible de 38 000 ou 40 500 « nouveaux emplois » sauf à savoir si la cible est cumulative, directe, indirecte ou induite, et si le chiffre annuel est un stock ou un flux.

De même, les dépenses d’infrastructure et les contrats attribués sont des intrants. Les dépenses des visiteurs, le capital privé, la génération de trésorerie opérationnelle, les revenus des résidents et la contribution effective au PIB sont des extrants. L’extension devrait marquer un basculement vers ces derniers.

Le meilleur argument pour une extension jusqu’en 2035

Le développement patrimonial bénéficie d’une gouvernance patiente. L’archéologie ne peut pas être comprimée pour respecter une date politique, et les contraintes environnementales doivent ralentir les conceptions lorsque les données l’exigent. Un cadre bilatéral long donne aux institutions françaises la confiance nécessaire pour former des personnes, établir des programmes de recherche et soutenir des musées dont l’ouverture reste distante.

AlUla dispose aussi de preuves de demande. La croissance des visiteurs, la satisfaction élevée et l’augmentation de la desserte aérienne en font plus qu’un plan non testé. Les 5 000 prochaines clés hôtelières peuvent être phasées selon la demande observée plutôt que construites uniquement à partir d’une cible descendante.

La relation a duré assez longtemps pour produire un réseau de fournisseurs et d’institutions. Plus de 170 contrats français et plusieurs partenariats culturels donnent à l’extension une base opérationnelle.

Enfin, 2030 a toujours été une année intermédiaire dans le schéma directeur. Étendre la coopération d’État jusqu’à l’horizon complet de l’actif réduit la pression d’une échéance artificielle et signale que les institutions de Vision 2030 sont destinées à fonctionner après l’année nominale du programme national.

Le contre-argument : un horizon plus long peut différer la reddition de comptes

Une extension peut protéger la continuité ; elle peut aussi faire disparaître d’anciens jalons dans une nouvelle date finale. La clôture non résolue de la phase un de 2023 est l’avertissement.

La dérive des cibles renforce ce risque. Si les emplois passent de 38 000 à 40 500 et la contribution au PIB de SAR120 milliards à SAR150 milliards sans passerelle, l’atteinte ultérieure devient difficile à juger. Des cibles plus ambitieuses sont bienvenues seulement lorsque leurs définitions et les révisions de modèle sont publiées.

Le plan visiteurs devient aussi plus intensif en capital à mesure qu’il change d’échelle. Ajouter au moins 5 000 clés d’ici 2030 avant une destination à deux millions de visiteurs exige un phasage prudent pour éviter faible occupation ou distorsion des prix. La sensibilité culturelle contraint les modèles de tourisme de masse, ce qui est approprié mais peut limiter les volumes.

La commande française ne crée des capacités que si les équipes, fournisseurs et institutions saoudiens les absorbent. Le simple nombre de contrats peut récompenser la fragmentation plutôt que le transfert.

Le modèle de reporting post-2030 dont AlUla a besoin

Le cadre amendé devrait publier une annexe de programme conjointe avec axes de travail, entités responsables, budgets et jalons jusqu’en 2035. Les contrats français devraient être déclarés avec valeur payée et contenu local saoudien.

La RCU devrait publier un tableau de bord annuel stable couvrant visiteurs, dépense par visiteur, occupation, offre de chambres, capital privé, emplois directs, emplois de résidents, achats locaux, état de conservation, eau, biodiversité et méthodologie de PIB cumulée.

La phase 2023 devrait recevoir une clôture rétrospective. Les phases futures devraient avoir une base et des critères d’acceptation avant l’annonce des dates.

AlUla illustre la bonne leçon sur Vision 2030 : la transformation économique n’expire pas en 2030. La leçon plus difficile est que des horizons plus longs exigent une meilleure comptabilité intermédiaire, non moins.

Contexte Vision 2030 connexe

Sources

  1. [S1] Élysée, « Déclaration conjointe de la France et de l’Arabie saoudite », 25 août 2026. https://www.elysee.fr/en/emmanuel-macron/2026/08/25/joint-statement-by-france-and-saudi-arabia-on-the-occasion-of-the-visit-of-his-royal-highness-prince-mohammed-bin-salman-bin-abdulaziz-al-saud-crown-prince-and-prime-minister-of-the-kingdom-of-saudi-arabia-to-the-french-republic
  2. [S2] Royal Commission for AlUla, « Journey Through Time Masterplan », consulté le 31 août 2026. https://ucl.rcu.gov.sa/
  3. [S3] Royal Commission for AlUla, « Investing in AlUla », consulté le 31 août 2026. https://www.rcu.gov.sa/en/business-in-alula/investing-in-alula
  4. [S4] Royal Commission for AlUla, « French Partnership », consulté le 31 août 2026. https://www.rcu.gov.sa/en/partners/french-partnership
  5. [S5] Royal Commission for AlUla, Annual Sustainability Report 2024. https://www.rcu.gov.sa/getmedia/7b770a2b-317f-4ece-b392-243d9788999e/RCU-Report-Full-report-V7-3-compressed-%281%29.pdf
  6. [S6] Royal Commission for AlUla, Annual Report 2023. https://www.rcu.gov.sa/getmedia/946d2c9d-db17-4601-8957-c6858e2be866/w240703-rcu-annual-report-2023-en-public-v4_1.pdf