Le NREP est le Programme national saoudien pour les énergies renouvelables, l’architecture d’achat par enchères située derrière l’objectif de 130 GW de capacité renouvelable du Royaume et son engagement de porter la part de l’électricité renouvelable à 50 % dans le cadre de Vision 2030 et de la Saudi Green Initiative. Lancé par le ministère de l’Énergie et opéré via la Saudi Power Procurement Company (SPPC), le NREP achète de grandes capacités solaires photovoltaïques et éoliennes par des appels d’offres concurrentiels de producteurs indépendants d’électricité, Independent Power Producers (IPP), et des contrats d’achat d’électricité, Power Purchase Agreements (PPA), de 25 ans. En janvier 2026, le NREP avait mené six cycles d’enchères achevés, attribuant une capacité cumulée supérieure à 30 gigawatts, avec le seul cycle 6 attribuant 4,5 GW sur cinq projets en octobre 2025, dont un projet éolien affichant le coût actualisé de l’électricité éolienne le plus bas jamais enregistré au monde, tandis que les soumissionnaires qualifiés du cycle 7 étaient confirmés pour 5,3 GW supplémentaires de capacité solaire et éolienne combinée. L’architecture institutionnelle combine quatre contreparties centrales : le Public Investment Fund (PIF) comme sponsor stratégique en capital ; le développeur Badeel, détenu par le PIF ; ACWA Power comme principal développeur et opérateur IPP ; et SPPC comme contrepartie centrale de tous les PPA. Ce modèle à quatre contreparties a transformé l’achat saoudien d’énergies renouvelables, passant d’une série de négociations ad hoc à l’une des architectures d’enchères les plus efficaces opérationnellement sur les marchés mondiaux de l’énergie, avec des tarifs solaires record lors de cycles successifs et le record mondial de LCOE éolien en octobre 2025.
Le ministre saoudien de l’Énergie, S.A.R. le prince Abdulaziz bin Salman bin Abdulaziz Al Saud, préside la SPPC et a personnellement supervisé d’importantes attributions du NREP, signalant le poids politique de niveau gouvernemental attaché à la livraison du programme. À fin 2025, l’Arabie saoudite avait soumis à appel d’offres environ 64 GW de capacité renouvelable cumulée via le NREP et ses mécanismes précurseurs, dont 20,6 GW mis en appel d’offres en 2025 seulement, 12,3 GW raccordés au réseau à fin d’année, et environ 30 GWh de capacité de stockage par batteries (BESS) mis en appel d’offres, dont 8 GWh raccordés au réseau. Le rythme a suffi à placer l’Arabie saoudite au dixième rang mondial des investisseurs dans les énergies renouvelables en 2025, et l’estimation de Goldman Sachs du besoin de capital sous-jacent, environ 235 milliards de dollars d’investissements en énergie propre d’ici 2030 selon la stratégie officielle, donne l’échelle de la mobilisation financière que le NREP doit canaliser. La question analytique substantielle qui encadre toute évaluation du NREP reste toutefois l’écart entre l’objectif affiché de 130 GW et la trajectoire réellement livrable. L’évaluation de GlobalData de mars 2026 projette la capacité renouvelable saoudienne à 74,2 GW en 2030, nettement en deçà de l’objectif de 130 GW, compte tenu d’un rythme requis de 23 GW par an contre 5 à 6 GW par an effectivement ajoutés aujourd’hui. Cet écart n’est pas l’échec d’un programme inefficace ; c’est l’arithmétique structurelle de l’objectif de déploiement renouvelable le plus ambitieux jamais annoncé par une grande économie d’hydrocarbures, confronté aux contraintes de chaîne d’approvisionnement, d’infrastructures de transport électrique, d’allocation foncière et de capacité des entrepreneurs qui bornent la vitesse de montée en échelle même de l’architecture d’enchères la plus crédible opérationnellement.
Faits clés
- Création : 2017 sous le ministère de l’Énergie
- Ancrage stratégique : Vision 2030 — 50 % d’électricité renouvelable d’ici 2030 ; objectif de capacité de 130 GW (relevé en 2023)
- Architecture institutionnelle : ministère de l’Énergie (politique) · SPPC (acheteur / autorité d’appel d’offres) · PIF + Badeel (sponsor en capital / codéveloppeur) · ACWA Power (développeur IPP principal)
- Ministre de l’Énergie / président de la SPPC : S.A.R. le prince Abdulaziz bin Salman bin Abdulaziz Al Saud
- Capacité cumulée mise en appel d’offres (fin 2025) : ~64 GW
- Capacité mise en appel d’offres en 2025 : 20,6 GW
- Capacité raccordée au réseau (fin 2025) : ~13 GW (12,3 GW selon le ministère de l’Énergie)
- BESS mis en appel d’offres : ~30 GWh ; raccordés au réseau : ~8 GWh à fin 2025
- Attributions du cycle 6 (octobre 2025) : 4,5 GW sur 5 projets ; investissement >9 milliards SAR (~2,4 milliards USD) ; plus bas LCOE éolien jamais enregistré
- Qualifications du cycle 7 (annoncées en septembre 2025 ; finalisées en janvier 2026) : 5,3 GW solaire + éolien
- Besoin de capital d’ici 2030 (Goldman Sachs) : ~235 milliards USD
- Déploiement annuel requis pour atteindre 130 GW : 23 GW/an
- Prévision GlobalData 2030 : 74,2 GW, très en deçà de l’objectif de 130 GW
- Rang mondial saoudien (investissement en énergies renouvelables, 2025) : 10e
Ce qu’est le NREP
Le National Renewable Energy Program a été établi sous le ministère de l’Énergie en 2017 comme réponse institutionnelle à un problème structurel rencontré par l’Arabie saoudite au lancement de Vision 2030 : comment transformer ses avantages considérables en irradiation solaire et en ressources éoliennes, parmi les plus qualitatifs au monde, en capacité de production opérationnelle au rythme exigé par les engagements de Vision 2030, alors que le Royaume disposait en 2017 d’une capacité renouvelable de grande échelle effectivement nulle en exploitation et ne possédait ni l’architecture d’achat institutionnelle, ni le cadre réglementaire, ni l’écosystème de développeurs que des déploiements comparables aux Émirats arabes unis, au Maroc ou en Espagne avaient construits au cours des décennies précédentes.
Le choix architectural du NREP a été distinctif. Plutôt que de poursuivre un modèle de tarif d’achat garanti, qui avait structuré l’expansion renouvelable d’une grande partie de l’Europe dans les années 2000 et 2010, ou un modèle de mandat réglementaire pur, qui avait structuré l’expansion renouvelable dans certaines régions des États-Unis, ou un modèle de développement étatique, dominant dans une partie de l’Asie, le NREP a adopté un modèle d’enchères concurrentielles avec contrepartie centrale acheteuse, bâti autour du format Independent Power Producer (IPP) arrivé à maturité dans le Conseil de coopération du Golfe pendant les années 2010. Les traits clés du modèle :
Appels d’offres centralisés via SPPC. La Saudi Power Procurement Company, créée en 2021 comme entité d’achat séparée issue de la Saudi Electricity Company, agit comme contrepartie unique de tous les appels d’offres NREP, contrepartie unique des PPA qui en résultent et acheteur unique de l’électricité produite. L’architecture retire les frictions de coordination entre utilities qui fragmentent l’achat d’électricité et permet de structurer les appels d’offres à l’échelle et au niveau de standardisation préférés par les marchés de capitaux commerciaux.
PPA de longue durée. Les PPA du NREP courent généralement 25 ans à compter de la date d’exploitation commerciale. Cette durée apporte la visibilité de revenus dont les prêteurs internationaux en financement de projet ont besoin pour prêter aux échelles qu’implique l’expansion de capacité du NREP, et donne au développeur la visibilité de flux de trésorerie nécessaire pour soutenir la dette de construction et la structure de capital.
Modèle de développement IPP. Chaque projet attribué est confié à un développeur, ou à un consortium conduit par un développeur, qui finance, construit, détient et exploite l’actif pendant la durée du PPA, avant de le transférer à la SPPC à l’échéance. Le modèle concentre la responsabilité d’exécution au niveau du développeur tout en conservant l’autorité de politique publique et d’achat auprès de l’État saoudien.
Exigences de contenu local et de saoudisation. Les appels d’offres NREP incluent des exigences croissantes de contenu local : fabrication de composants, emploi de ressortissants saoudiens, intégration avec les objectifs saoudiens de développement industriel. Elles alignent le déploiement renouvelable sur l’ambition plus large de diversification industrielle de Vision 2030.
Concurrence tarifaire avec réserve plafonnée. Les soumissionnaires se concurrencent sur le prix, l’État saoudien se réservant le droit de rejeter les offres supérieures à une référence interne. Cette architecture a produit les tarifs solaires record mondiaux qui ont caractérisé les cycles successifs, ainsi que le record mondial de LCOE éolien établi au cycle 6 en octobre 2025.
La combinaison de ces caractéristiques fait du NREP l’une des architectures d’enchères renouvelables les plus efficaces opérationnellement au monde. Les tarifs records mondiaux issus des cycles successifs reflètent à la fois la qualité des ressources saoudiennes et l’efficacité institutionnelle de l’architecture d’enchères elle-même.
L’architecture à quatre contreparties
L’efficacité institutionnelle du NREP vient de son architecture concentrée autour de quatre contreparties. Chacune a un rôle spécifique, et leur alignement élimine les frictions qui ont historiquement pesé sur des architectures comparables aux rôles de contreparties plus dispersés.
Le ministère de l’Énergie fixe la politique. Sous l’autorité du ministre de l’Énergie, S.A.R. le prince Abdulaziz bin Salman bin Abdulaziz Al Saud, le ministère définit les objectifs de part renouvelable, les objectifs de capacité, le mix technologique, le calendrier d’appels d’offres, les exigences de contenu local et le cadre stratégique plus large dans lequel opère le NREP. Son autorité s’étend à l’interaction entre l’expansion renouvelable et le secteur électrique saoudien : déplacement de la production aux combustibles liquides, rôle du gaz naturel comme technologie de base complémentaire à la variabilité renouvelable, intégration de la capacité nucléaire, prévue via Saudi Nuclear Energy Holding Company, et expansion des infrastructures de transport nécessaires pour évacuer la capacité renouvelable des sites de production vers les centres de demande.
La Saudi Power Procurement Company (SPPC) agit comme contrepartie centrale des appels d’offres et acheteur dans les PPA. Le rôle de la SPPC est le moteur opérationnel du NREP. Elle mène le processus de préqualification pour chaque cycle, détermine quels développeurs et consortiums satisfont aux exigences techniques, financières et de saoudisation, organise les offres techniques et commerciales, évalue les offres selon les critères publiés, attribue les projets, signe les PPA de 25 ans, achète l’électricité produite et intègre la capacité résultante dans le système électrique saoudien. L’autorité institutionnelle de la SPPC est ce qui permet au NREP de fonctionner au rythme exigé par Vision 2030 ; sans contrepartie unique, financièrement substantielle et techniquement crédible, l’architecture retomberait dans des négociations bilatérales développeur-utility du type de celles qui ralentissent l’expansion renouvelable dans de nombreuses juridictions comparables.
Le Public Investment Fund (PIF) et Badeel agissent comme sponsor stratégique en capital et codéveloppeur. Le PIF détient une exposition importante au portefeuille saoudien des renouvelables via sa participation dans ACWA Power, 44 %, et sa filiale entièrement détenue Badeel, formellement Saudi Power Generation Company, qui codéveloppe de grands projets renouvelables aux côtés d’ACWA Power et d’autres développeurs. Le rôle du PIF est structurellement important, car il garantit que le souverain saoudien détient une exposition directe en fonds propres au déploiement renouvelable, captant les flux de trésorerie de long terme que l’architecture IPP dirigerait autrement entièrement vers des développeurs internationaux, et apporte le capital patient nécessaire à certains des plus grands projets, NEOM Helios hydrogène vert, complexe solaire Sudair, IPP solaire Al Shuaibah, au-delà de ce qu’une économie d’enchères purement concurrentielle soutiendrait.
ACWA Power agit comme développeur IPP principal. ACWA Power, basé à Riyad et coté sur Tadawul, a été le vainqueur dominant des appels d’offres NREP depuis le lancement du programme et exploite une part substantielle de la capacité renouvelable saoudienne en service ou en construction. Son positionnement institutionnel combine connaissance profonde du marché saoudien, relations établies avec les prêteurs, profondeur technique dans le photovoltaïque solaire, l’éolien, le solaire thermodynamique, le dessalement de l’eau et l’hydrogène vert, ainsi que l’échelle opérationnelle nécessaire pour livrer les cycles de capacité de classe gigawatt vers lesquels le NREP a progressivement évolué. Le rôle d’ACWA Power est suffisamment central pour que l’expansion renouvelable saoudienne ne soit pas réellement dissociable de la trajectoire propre de l’entreprise.
L’architecture à quatre contreparties fonctionne comme un système intégré. Politique par le ministère. Achat par la SPPC. Capital stratégique et participation en fonds propres via le PIF et Badeel. Livraison opérationnelle via ACWA Power et l’écosystème IPP plus large. Le système a ses forces et ses limites structurelles, mais comme architecture d’achat pour une expansion renouvelable à l’échelle requise par Vision 2030, il figure parmi les plus crédibles opérationnellement au monde.
Les cycles d’enchères
Le NREP a mené six cycles d’enchères concurrentielles achevés depuis 2017, le cycle 7 étant en qualification active en janvier 2026. Chaque cycle a progressivement élargi le périmètre du programme, la capacité mise en appel d’offres, le mix technologique et la distribution géographique des projets attribués.
Les cycles 1 à 5 ont construit l’architecture institutionnelle et livré la première vague de capacité opérationnelle. La centrale solaire de Sakaka, cycle 1, 300 MW, a été le premier projet solaire de grande échelle d’Arabie saoudite, atteignant l’exploitation commerciale en 2019 avec un tarif alors parmi les plus bas au monde. Le parc éolien de Dumat Al Jandal, cycle 2, 400 MW, entré en exploitation commerciale en 2022, a été le premier projet éolien de grande échelle du Royaume. Les cycles 3, 4 et 5 ont évolué vers des portefeuilles multi-projets de plusieurs gigawatts, incluant le complexe solaire Sudair, 1,5 GW, ACWA Power / Saudi Aramco / PIF, le complexe Al Shuaibah, 2,0 GW, et un portefeuille plus large de projets solaires distribués géographiquement en Arabie saoudite. En février 2024, la SPPC avait publié la liste des soumissionnaires présélectionnés pour le cycle 5, couvrant 3,7 GW de capacité solaire photovoltaïque.
Le cycle 6, attribué en octobre 2025, a marqué la maturité opérationnelle du programme. Il a attribué 4,5 GW de capacité sur cinq projets, comprenant :
- Najran Solar PV IPP — 1,4 GW
- Sufun Solar PV IPP — 400 MW
- Samtah Solar PV IPP — 600 MW
- Darb Solar PV IPP — 600 MW
- Dawadmi Wind IPP — 1,5 GW (plus bas LCOE éolien jamais enregistré au monde)
Le cycle 6 représentait un investissement total de plus de 9 milliards SAR, soit environ 2,4 milliards USD, et a été attribué lors d’une cérémonie à laquelle participait le ministre de l’Énergie, le prince Abdulaziz bin Salman, en sa qualité de président de la SPPC. Le tarif éolien de Dawadmi a établi le record mondial de LCOE pour l’éolien de grande échelle, un record rendu possible par la combinaison de la qualité de la ressource éolienne du site de Dawadmi, de la maturité de la chaîne d’approvisionnement mondiale de l’éolien, de l’efficacité institutionnelle de l’architecture d’achat de la SPPC et de la concurrence entre développeurs que les cycles NREP génèrent de façon récurrente.
Le cycle 7, ouvert à la qualification en septembre 2025 avec des soumissionnaires qualifiés confirmés en janvier 2026, comprend 5,3 GW de capacité solaire et éolienne combinée. Il doit être attribué en 2026 et poursuivra la trajectoire de déploiement vers les objectifs 2030.
La capacité cumulée mise en appel d’offres à travers le NREP et ses mécanismes précurseurs atteignait environ 64 GW à fin 2025, avec 20,6 GW mis en appel d’offres pendant la seule année civile 2025, rythme nettement accéléré par rapport aux premiers cycles du programme. Cette accélération reflète à la fois la maturation de l’architecture institutionnelle, la capacité opérationnelle de la SPPC ayant fortement augmenté depuis sa création en 2021, et la pression politique pour réduire l’écart entre l’objectif 2030 de 130 GW et la trajectoire réellement livrable.
Intégration du stockage par batteries (BESS)
Une caractéristique structurelle de la troisième phase d’évolution du NREP est l’intégration d’appels d’offres pour Battery Energy Storage Systems (BESS) aux côtés des appels d’offres de production. À mesure que la capacité renouvelable saoudienne augmente, l’intégration d’une production intermittente au système électrique plus large exige une capacité de stockage suffisante pour gérer la variation solaire quotidienne et le pic de demande du soir qui suit le pic de production solaire. Les appels d’offres BESS sont le mécanisme opérationnel par lequel le système électrique saoudien acquiert cette capacité de stockage.
À fin 2025, l’Arabie saoudite avait mis en appel d’offres environ 30 GWh de capacité BESS via le NREP et des mécanismes complémentaires, avec environ 8 GWh raccordés au réseau à fin d’année. La montée en capacité place l’Arabie saoudite parmi les plus grands déployeurs mondiaux de BESS en valeur absolue, et l’intégration des appels d’offres de production et de stockage dans la même architecture institutionnelle est l’une des caractéristiques les plus sophistiquées opérationnellement de l’expansion renouvelable saoudienne par rapport à des juridictions comparables où production et stockage relèvent d’architectures d’achat séparées.
La logique stratégique du BESS est structurelle. La demande électrique de pointe saoudienne survient en fin d’après-midi et en début de soirée, tirée par la climatisation. La production solaire culmine à midi. Ce décalage temporel signifie que l’expansion solaire et éolienne pure ne peut pas, à elle seule, remplacer la production conventionnelle lors de la pointe sans surdimensionnement massif. Le déploiement BESS déplace la production solaire vers la pointe du soir, permettant à la production renouvelable de remplacer plus efficacement la production conventionnelle. Les 30 GWh de capacité mise en appel d’offres, une fois entièrement raccordés, fourniront plusieurs gigawatts de capacité renouvelable effective pour la pointe du soir que la seule génération renouvelable ne pourrait pas offrir.
Contexte stratégique : Saudi Green Initiative et objectif de mix énergétique
Le NREP opère dans l’architecture institutionnelle plus large de la Saudi Green Initiative (SGI) annoncée en octobre 2021, qui engage l’Arabie saoudite vers la neutralité carbone en 2060, la plantation de 10 milliards d’arbres et une part de 50 % d’électricité renouvelable d’ici 2030. Le NREP est le mécanisme opérationnel par lequel l’engagement d’électricité renouvelable est livré. L’objectif de mix énergétique, 50 % renouvelable et 50 % fourni par des centrales à gaz naturel à haut rendement remplaçant la production aux combustibles liquides historiquement utilisée par l’Arabie saoudite, est structurellement significatif parce qu’il signale l’engagement saoudien à sortir de la production électrique aux combustibles liquides, qui a historiquement consommé une fraction non négligeable de la production de pétrole brut du Royaume.
L’architecture de substitution a des implications économiques directes. Chaque baril de brut brûlé pour produire de l’électricité est un baril qui ne peut pas être exporté. L’intensité historique en combustibles liquides du secteur électrique saoudien a donc constitué un coût structurel pour le souverain saoudien, à la fois en coût direct de combustible et en recettes d’exportation non réalisées, que l’expansion renouvelable vise à éliminer. Goldman Sachs a estimé que la pleine réalisation de l’objectif renouvelable pourrait libérer plusieurs millions de barils par jour de capacité d’exportation saoudienne supplémentaire d’ici 2030, l’une des dimensions les plus intéressantes et les moins discutées de l’effet de la transition énergétique sur l’arithmétique budgétaire saoudienne.
L’objectif de capacité de 130 GW à l’horizon 2030 a été relevé en 2023 par rapport aux formulations antérieures dans le cadre du recalibrage de mi-cycle de Vision 2030. Ce relèvement reflétait à la fois l’ambition sous-jacente de l’État saoudien et la reconnaissance que les objectifs antérieurs avaient été fixés sans pleine appréciation de la rapidité à laquelle la demande d’électricité saoudienne augmenterait avec l’accélération de Vision 2030. L’objectif de 130 GW s’inscrit désormais face à une croissance de la demande qui inclut la charge supplémentaire substantielle du déploiement saoudien de centres de données, notamment les installations HUMAIN qui se développent dans l’architecture de l’année de l’IA 2026, charge qui n’existait pas lorsque les objectifs renouvelables antérieurs ont été définis.
