Dernière vérification : 1 septembre 2026. L’excédent du commerce de marchandises de l’Arabie saoudite a atteint 154,72 milliards de riyals au premier semestre 2026, soit 53,17 % de plus que sur la même période de 2025. Sur ces six mois, toutefois, les exportations nationales de biens non pétroliers hors réexportations ont reculé de 8,83 % à 95,74 milliards de riyals. Les deux chiffres sont vrais. Ils mesurent des parties différentes du compte commercial. [S1]
Le surplus plus élevé vient d’exportations pétrolières plus fortes et d’importations plus faibles, appuyées par la progression des réexportations. Il ne vient pas d’une hausse des marchandises non pétrolières produites en Arabie saoudite et vendues à l’étranger. En juin seul, les exportations nationales non pétrolières ont chuté de 11,4 % sur un an et la part du pétrole dans les exportations totales est passée de 70,4 à 72,0 %. [S2]
| Mesure marchandises S1 | 2025, Md SAR | 2026, Md SAR | Variation | Lecture diversification |
|---|---|---|---|---|
| Exportations totales | 562,37 | 603,65 | +7,34 % | La croissance n’est pas neutre par catégorie |
| Exportations pétrolières | 392,63 | 434,40 | +10,64 % | Ont fourni la hausse des exportations |
| Exportations nationales non pétrolières | 105,01 | 95,74 | −8,83 % | Les biens non pétroliers produits localement ont faibli |
| Réexportations | 64,72 | 73,51 | +13,57 % | L’activité logistique et commerciale s’est renforcée |
| Importations | 461,36 | 448,93 | −2,69 % | La compression des importations a élargi le solde |
| Excédent commercial | 101,01 | 154,72 | +53,17 % | Solde externe plus fort, signal de production plus faible |
Toutes les valeurs sont recalculées à partir du classeur de juin de GASTAT, en utilisant les données mensuelles et trimestrielles non arrondies. Les données 2026 sont préliminaires. [S1]
Le pétrole explique plus que toute la hausse des exportations
Les exportations totales ont augmenté de 41,28 milliards de riyals entre les deux semestres. Les exportations pétrolières ont augmenté de 41,77 milliards. Les exportations nationales non pétrolières ont reculé de 9,27 milliards, tandis que les réexportations ont augmenté de 8,78 milliards. Les trois composantes réconcilient la hausse totale après arrondi.
Cette décomposition est plus révélatrice que le taux de croissance du surplus. Le pétrole a contribué légèrement plus que 100 % du gain brut d’exportation parce que la contribution nette non pétrolière était négative. La baisse des importations a ajouté 12,43 milliards de riyals à l’amélioration du solde.
L’algèbre est simple :
- variation des exportations : +41,28 Md SAR ;
- variation des importations : −12,43 Md SAR ; donc
- variation de l’excédent : 41,28 Md SAR − (−12,43 Md SAR) = +53,71 Md SAR.
L’excédent est économiquement utile. Il soutient les recettes en devises et le compte externe. Il n’est pas, en lui-même, un score de diversification productive.
Sur l’amélioration de 53,71 milliards de riyals du solde, 76,9 % provient arithmétiquement de la hausse des exportations et 23,1 % de la baisse des importations. Mais même cette ventilation peut induire en erreur si elle est qualifiée de « tirée par les exportations » sans ouvrir le panier exportateur. La hausse de 41,77 milliards de riyals du pétrole équivalait à 77,8 % de toute l’amélioration du solde. La baisse des exportations nationales non pétrolières a poussé le solde dans l’autre sens.
Une autre manière de tester la qualité de l’amélioration est de retirer le pétrole. Les exportations nationales non pétrolières et les réexportations combinées ont totalisé 169,24 milliards de riyals au S1 2026, soit seulement 0,50 milliard de plus que l’année précédente. Les importations ont reculé de 12,43 milliards. Sur ces composantes de marchandises, presque toute l’amélioration du solde des biens non pétroliers vient du fait d’acheter moins de biens étrangers, non de vendre matériellement plus de biens non pétroliers à l’étranger. Ce n’est pas un solde externe non pétrolier complet, car les services sont absents, mais cela empêche de confondre le surplus pétrolier avec un élan manufacturier.
La composition s’est déplacée vers le pétrole. Au S1 2025, le pétrole représentait 69,82 % des exportations de marchandises, les biens nationaux non pétroliers 18,67 % et les réexportations 11,51 %. Au S1 2026, les parts respectives étaient 71,96 %, 15,86 % et 12,18 %.
| Mois 2026 | Exportations, Md SAR | Importations, Md SAR | Solde, Md SAR | Pétrole | National non pétrolier | Réexportations |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Janvier | 98,37 | 84,42 | 13,96 | 66,15 | 16,91 | 15,31 |
| Février | 102,96 | 80,21 | 22,75 | 71,81 | 17,32 | 13,83 |
| Mars | 116,33 | 59,84 | 56,49 | 93,02 | 14,07 | 9,23 |
| Avril | 101,56 | 79,22 | 22,34 | 69,35 | 16,72 | 15,49 |
| Mai | 96,66 | 74,79 | 21,86 | 70,89 | 15,46 | 10,31 |
| Juin | 87,76 | 70,45 | 17,31 | 63,18 | 15,25 | 9,33 |
Mars seul a généré 36,5 % de l’excédent semestriel. Son solde de 56,49 milliards de riyals combinait les exportations pétrolières mensuelles les plus élevées du semestre avec ses importations mensuelles les plus basses. Hors mars, l’excédent du S1 était de 98,23 milliards de riyals, toujours supérieur aux 83,00 milliards comparables hors mars 2025, mais de 18,3 % plutôt que 53,2 %.
C’est pourquoi un taux de croissance semestriel ne doit pas être lu comme un basculement structurel uniformément distribué.
La concentration change aussi la lecture du risque. L’excédent de mars était 3,3 fois la moyenne mensuelle du S1 hors mars. Si un analyste annualisait mécaniquement le semestre, un mois exceptionnel pèserait disproportionnellement dans l’estimation annuelle. Une meilleure méthode consiste à publier les valeurs sur douze mois glissants, le solde mensuel médian et les contributions par catégorie aux côtés du cumul. Aucun de ces indicateurs ne supprime la volatilité, mais ensemble ils montrent si l’amélioration est large ou événementielle.
« Exportations non pétrolières » contient deux activités économiques différentes
La mesure non pétrolière principale de GASTAT inclut les exportations nationales et les réexportations. Les exportations nationales non pétrolières sont les biens d’origine saoudienne autres que les biens classés pétroliers. Les réexportations sont des biens étrangers exportés à nouveau après être entrés dans le Royaume, généralement sans transformation domestique substantielle.
Les deux comptent pour Vision 2030. Les exportations nationales testent la fabrication domestique et la production échangeable. Les réexportations testent ports, aéroports, entrepôts, douanes, distribution et le rôle du Royaume comme hub logistique. Mais elles ne devraient pas être additionnées puis décrites comme production saoudienne.
Au S1 2026, les exportations nationales non pétrolières étaient de 95,74 milliards de riyals et les réexportations de 73,51 milliards. Les réexportations équivalaient à 43,4 % de la mesure combinée de 169,24 milliards de riyals des exportations non pétrolières, contre 38,1 % au S1 2025.
La mesure combinée n’a progressé que modestement, de 0,50 milliard de riyals, soit 0,30 %, alors même que les réexportations ont augmenté de 13,6 %. Le gain logistique a presque exactement compensé le recul des biens nationaux.
Cette distinction change aussi le titre de juin. Les exportations non pétrolières combinées ont baissé de 9,7 % sur un an. Dans ce total, les exportations nationales ont reculé de 11,4 % et les réexportations de 6,7 %. [S2]
La faiblesse productive de juin était assez large pour compter
Les exportations totales de juin ont baissé de 4,5 % par rapport à l’année précédente, les exportations pétrolières de 2,3 % et les importations de 3,0 %. L’excédent commercial a donc reculé de 10,0 % à 17,31 milliards de riyals. [S2]
GASTAT identifie les plastiques, caoutchouc et articles associés comme 20,7 % des exportations non pétrolières de juin ; leur valeur a baissé de 12,8 % sur un an. Les produits chimiques représentaient 19,2 % et ont baissé de 30,4 %. Ensemble, ces deux catégories formaient 39,9 % du total non pétrolier et toutes deux se sont contractées. [S2]
La baisse des réexportations avait aussi un moteur concentré. Machines, équipements électriques et pièces représentaient 36,1 % des réexportations et ont chuté de 41,7 % sur un an. Cela montre pourquoi la croissance des réexportations peut être volatile : les flux d’équipements à forte valeur et le calendrier peuvent déplacer fortement les totaux mensuels.
La performance nationale non pétrolière n’était pas seulement une anomalie de juin. Dans la série trimestrielle de GASTAT, la catégorie a baissé de 8,05 % sur un an au T1 et de 9,60 % au T2. Février a été le seul mois du S1 à enregistrer une hausse sur un an. La détérioration était donc soutenue sur le semestre, même si les causes par produit peuvent différer selon les mois.
L’effet de base n’explique pas tout le schéma. Si juin seul était retiré, les exportations nationales non pétrolières de janvier à mai seraient encore d’environ 80,49 milliards de riyals, soit environ 8,3 % sous la période 2025 correspondante reconstruite à partir du classeur. Retirer mars, mois le plus atypique pour pétrole et importations, laisse aussi les exportations nationales non pétrolières en baisse. La conclusion ne dépend donc pas du choix d’un seul mois faible, même si le taux semestriel exact reflète chaque comparaison mensuelle.
Pour la politique publique, la largeur compte autant que la valeur. Le communiqué idéal montrerait combien de chapitres de produits et de marchés de destination ont progressé, la contribution de nouveaux exportateurs et la part des ventes réalisée par les PME. Un total plus élevé concentré dans une matière première ou un client peut être moins résilient qu’une croissance plus lente mais répartie entre de nombreux produits. Le bulletin de juin identifie les principales catégories et partenaires, mais ne fournit pas ce test de diversification au niveau des exportateurs.
Les importations ont baissé, mais le sens dépend de ce qui a baissé
La compression des importations élargit arithmétiquement l’excédent commercial. Économiquement, elle peut refléter une demande domestique plus faible, des prix plus bas, une perturbation d’approvisionnement, des cycles de stocks ou une substitution par production locale. L’agrégat ne choisit pas entre ces explications.
Les importations de juin de machines, équipements électriques et pièces, soit 25,7 % de toutes les importations, ont baissé de 20,4 % sur un an. Les importations de produits chimiques, 11,2 % du total, ont augmenté de 30,5 %. [S2] Le mélange est incompatible avec une conclusion simple du type « importations en baisse égale industrie locale en hausse ».
Pour une économie qui investit massivement dans les infrastructures et les capacités industrielles, les importations de biens d’équipement peuvent soutenir la production future. Une baisse peut améliorer le solde courant tout en réduisant les intrants d’investissement importés ; elle peut aussi refléter l’achèvement de projets antérieurs ou leur remplacement par une offre domestique. Le bulletin commercial seul ne peut trancher.
La décomposition volume-prix est tout aussi importante pour le pétrole. GASTAT publie des valeurs commerciales ; une hausse de 10,6 % des recettes d’exportation pétrolière peut venir des prix, des volumes ou du mix de produits. Ce n’est pas une mesure directe d’une production physique pétrolière additionnelle.
La même prudence nominal-réel vaut pour les produits chimiques et plastiques. Une baisse de valeur douanière peut refléter des prix unitaires plus bas, moins de tonnes, ou les deux. Des indices de quantité et valeurs unitaires au niveau produit distingueraient une perte de volume de marché d’un cycle de prix des matières premières. Sans eux, la formulation correcte est que la valeur des exportations nationales non pétrolières a baissé, non que les usines saoudiennes ont nécessairement produit 8,8 % de moins ou perdu une part identique de demande étrangère.
Le benchmark Vision 2030 est plus large que ce registre douanier
L’objectif initial de Vision 2030 était de porter les exportations non pétrolières de 16 % à 50 % du PIB non pétrolier. [S3] Le tableau GASTAT de cet article ne peut pas être divisé mécaniquement par le PIB non pétrolier pour déclarer un progrès face à cette cible.
Les raisons sont méthodologiques. Les statistiques de marchandises couvrent les biens franchissant les frontières douanières ; les comptes nationaux et les mesures de balance des paiements peuvent inclure services, valorisation et ajustements temporels. Les « exportations non pétrolières » peuvent aussi être définies différemment selon les tableaux de bord de programme. Les réexportations font de l’Arabie saoudite un hub commercial, mais ne portent pas la même valeur ajoutée domestique que les exportations manufacturées.
Un suivi Vision crédible devrait publier un pont en au moins quatre couches :
- exportations nationales de marchandises non pétrolières ;
- marchandises réexportées ;
- exportations de services non pétroliers, y compris tourisme et transport ; et
- valeur ajoutée domestique incorporée dans les exportations.
Il devrait ensuite préciser le dénominateur de PIB non pétrolier, les prix utilisés et si la cible est nominale ou réelle.
Contre-argument : la diversification n’est pas invalidée par six mois faibles de biens
La diversification saoudienne couvre services, activité numérique, tourisme, logistique, mines et industrie aval. Les marchandises nationales non pétrolières sont une mesure cruciale, pas toute l’économie non pétrolière. La croissance des réexportations est aussi un résultat légitime pour un pays qui investit dans ports, compagnies aériennes et zones logistiques.
Les valeurs commerciales mensuelles et semestrielles sont volatiles. Les produits chimiques et plastiques liés aux matières premières peuvent baisser en prix même si les volumes physiques tiennent. Les données préliminaires peuvent être révisées. Un solde pétrolier plus fort peut financer la transformation domestique plutôt que la contredire.
La conclusion plus étroite résiste à ces points : la hausse de 53 % de l’excédent n’est pas une preuve que les biens non pétroliers produits en Arabie saoudite ont tiré la croissance des exportations du S1. La décomposition officielle montre l’inverse.
Ce qui falsifierait cette analyse
Des révisions de GASTAT qui porteraient les exportations nationales non pétrolières du S1 au-dessus de leur niveau 2025 changeraient le signal de production. Des indices de volume montrant une forte croissance des quantités masquée par des prix plus bas qualifieraient aussi la baisse de valeur.
Des gains soutenus des exportations nationales non pétrolières sur plusieurs trimestres, produits et marchés, avec une valeur ajoutée domestique croissante, établiraient une tendance de diversification plus forte. À l’inverse, une croissance continuant de se concentrer dans le pétrole et les réexportations maintiendrait la séparation entre l’excédent agrégé et l’histoire productive.
L’Arabie saoudite est entrée dans le second semestre 2026 avec un coussin commercial beaucoup plus large. Le test de politique publique de niveau mondial est de savoir si ce coussin est converti en production saoudienne compétitive que des clients étrangers achètent sans que les recettes pétrolières ou les biens étrangers portent le titre.
Contexte Vision 2030 associé
- Le record de juillet du port de Djeddah a été porté surtout par le fret de porte d’entrée, pas par le transbordement
- La contribution de 11 % du PIF au PIB non pétrolier exige un pont méthodologique
- L’écosystème de SALIC a fourni environ un quart de la demande saoudienne de blé
Sources
- [S1] General Authority for Statistics, International Trade in Goods, juin 2026, classeur détaillé, données préliminaires, 25 août 2026. https://www.stats.gov.sa/en/d/itr-jun-2026-2-xlsx
- [S2] General Authority for Statistics, International Trade in Goods, juin 2026, bulletin statistique, données préliminaires, 25 août 2026. https://www.stats.gov.sa/en/d/itr-jun2026-en-1-pdf
- [S3] Kingdom of Saudi Arabia, Vision 2030, objectifs et engagements initiaux, 2016. https://www.vision2030.gov.sa/media/rc0b5oy1/saudi_vision203.pdf
